Samedi 4 septembre 2010 6 04 /09 /2010 18:47

 

Poule Brabançonne hollandaise

 

LA MUE

Un test de sélection pour les pondeuses

 Le moment de l'année où une poule entre en mue et la durée qu'elle prend pour l'effectuer sont des points impor­tants à considérer dans la sélection. Les poules qui muent tôt sont généralement de mauvai­ses pondeuses. Les hâtives s'octroient une longue période pour effectuer leur mue et sont de ce fait de piètres pondeuses parce que leur temps de production est ré­duit d'autant. Les tardives perdent souvent presque toutes leurs plumes à la fois après le début de la mue, et se refont une autre "vêture" rapidement.

Il est naturel qu'une poule mue c'est-à-dire renouvelle ses plumes, chaque année. Le processus du changement de plumes requiert des "maté­riaux alimentaires" considérables, et c'est seulement chez les meilleures productrices que l'on trouve des poules continuant à pon­dre après le commencement d'une mue com­plète. Les poules qui muent tôt dans la saison, cessent géné­ralement de pondre quand la mue commence et ne pondent plus tant qu'elle dure. Les oi­seaux qui entrent en mue au début de l'été perdent leurs plumes lentement, lambinent pendant le restant de l'été et l'automne, et se remettent à pondre tôt l'année d'après. De tels sujets sont souvent impro­ductifs pour 4 à 6 mois, et doi­vent être éliminés du troupeau.

Les poules qui muent tardivement continuent à pro­duire pendant l'été et le début de l'automne, entrent en mue en octobre ou novembre, perdent leurs plumes rapidement, refont de nouvelles plumes très vite et reprennent la production à peu près au même moment que celles qui ont commencé leur mue très tôt.. Ces sujets doivent être conservés car ils ont de la vitalité et la per­sistance de ponte sur une longue période.

Dans la mue normale, les plumes des dif­férentes parties du corps se détachent dans l'ordre suivant : la tête, le cou, la poitrine, le corps, les ailes et la queue. Chez quelques sujets, quelques plumes de la queue tombent avant celles des ailes.

Le temps de mue d'une poule peut être déterminé par la mue de l'aile. La première plume primaire à tomber est la plus proche de la petite plume axiale, au milieu de l'aile. Les primaires tombent donc, en ordre, vers l’extérieur de l'aile. Chez les mauvaises pon­deuses, ces plumes tombent généralement une par une, mais chez les poules qui muent tardivement, c'est-à-dire les bonnes pondeuses, deux ou trois pri­maires tombent à la fois.

Le temps nécessaire à la complète recons­titution des primaires est de 6 semaines. Les plumes tombent toutes les deux semaines en mue normale ; ainsi, la première plume est remplacée 6 semaines après le commen­cement de la mue de l'aile, la seconde plume en 8 semaines après le début de la mue (parce que tombée 2 semaines après) etc ... Donc, pour la première nou­velle primaire, comptez 6 semaines ; pour chaque nouvelle plume entièrement poussée, ajoutez 2 semaines. La mue normale des 10 primaires d'une aile requiert par conséquent 24 semai­nes. Lorsque 2 ou 3 primaires tombent en­semble, on les compte comme une seule, puisque les remplaçantes poussent dans le même temps qu'une seule. En rem­plaçant leurs primaires par groupes de 2 ou plus, les bonnes productrices écourtent le délai nécessaire au renouvellement du plumage de leurs ailes.

 

Poule Australorp

 

 

Publié dans : VOLAILLES
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Mercredi 1 septembre 2010 3 01 /09 /2010 16:11

 

Canari-Lizard.jpg

 

Canari Lizard

 

                    LES AFFECTIONS DES PATTES CHEZ LES OISEAUX

 

PANARIS OU TENOSYNOVITE INTERDIGITALE

Il semble que cette forme morbide soit pro­voquée par des staphylocoques.

L'oiseau montre une souffrance au mem­bre qu'il tient constamment levé.

Sur le coussinet plantaire se forme un pa­naris ou un grossissement des doigts (teno­synovite). La patte est rougie, chaude, souf­frante ; on remarque des croûtes jaunâtres ou jaunes‑brunes, une croissance anormale des ongles et la déformation de la patte.

Si l'on perce la tuméfaction du coussinet plantaire, on constate un coulage de sérum.

Les oiseaux atteints de cette affection, en forme faible, guérissent au moyen de badi­geonnages de glycérine iodée. Dans les cas les plus graves on conseille d'appliquer une pommade antibiotique à la cortisone. Il est utile de faire intervenir le vétérinaire spéciali­sé, qui pourra aspirer le sérum avec une se­ringue, puis introduire une solution antibio­tique.

Il faut administrer une alimentation riche en vitamine A et éliminer les causes prédis­posantes (perchoirs non appropriés, saleté, filets trop fins, etc).

   ULCERES

On les constate dans les pattes des cana­ris. La base des ongles et les articulations se gonflent, en formant un abcès, puis la peau se fend et s'ulcère.

Il peut s'ensuivre la perte d'une partie ou de tous les doigts ; cependant, cela ne doit pas être pris pour la gangrène sèche, parce qu'il n'y a pas de nécrose dans la partie at­teinte.

La cause est souvent à rechercher dans les insuffisances en vitamines et le mauvais nettoyage des perchoirs.

  GALE DES PATTES

Elle est provoquée par un acarien (cnemi­doptes mutants) qui provoque des lésions aux pattes, avec la formation de croûtes assez volumineuses. Les parasites s'introduisent sous les écailles et produisent une irritation continue. Les pattes sont alors enflées, rugueu­ses, et l'oiseau se tient mal sur le perchoir.

Cette infection peut se répandre d'un sujet à l'autre de la même cage, et les lésions don­nent souvent origine à d'autres nombreuses infections. Il faut éliminer l'acarien en effec­tuant des applications d'une solution de benzoate de benzile dans l'huile. Il vaut mieux cependant recourir à des pommades acaricides étudiées exprès.

Les acariens tués, les croûtes se dessè­chent et la peau des pattes se renouvelle en peu de temps.

Il est bon d'éliminer et de détruire le sable du fond des cages, et de le remplacer par un petit carton résistant. Dans les volières, il est utile de désinfecter la terre avec de la chaux.

Chez les oiseaux, on constate souvent des états d'anémie : on conseille d'administrer des vitamines. De cette façon on rendra plus facile le rétablissement des oiseaux  malades.

VARIOLE DU CANARI                  

La variole du canari est une maladie à virus ; elle se répand rapidement et provoque de nombreuses mortalités.

Dans sa forme aiguë, on ne remarque pas de manifestations cutanées parce que l'oi­seau meurt en peu de temps.

Dans la forme chronique, au contraire, on observe des nodules jaunes‑rougeâtres ayant le volume d'une tête d'épingle, en gé­néral localisés sur les tarses, entre les doigts des pattes, qui augmentent de volume jus­qu'à atteindre la grosseur d'un grain de blé, d'une consistance molle et chaude.

Ces nodules se couvrent de croûtes jau­nes ou noirâtres et, après vingt ou trente jours, ils se dessèchent et tombent sans lais­ser de cicatrices.

Pour distinguer ces lésions varioliques d'avec les autres décrites ci‑dessus, on doit remarquer que dans la variole sont en géné­ral atteintes, outre les pattes, d'autres par­ties de la peau de l'oiseau: les paupières, la base du bec, les contours du méat auditif externe, les bords des ouvertures nasales.

Pour avoir une confirmation du diagnostic, on doit de toute façon recourir à des exa­mens de laboratoire effectués sur le liquide contenu dans les nodules.

On conseille de garder isolés les sujets malades, de bien désinfecter les cages et les accessoires, et aussi d'appliquer sur les lé­sions une solution de mercurochrome à 3%.

Dans les cas les plus graves, on peut avoir recours aux antibiotiques.

Dans les élevages oü se sont vérifiés des cas de variole, on conseille d'effectuer, une fois par an, une vaccination avec un vaccin spécial à n'utiliser que sur des oiseaux sains.

 

Publié dans : OISEAUX cage et volière
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Lundi 30 août 2010 1 30 /08 /2010 16:05

 

sarcelle hiver

 

Sarcelle d'hiver mâle.  (photo Chasse passion)

 

  LA SARCELLE D’HIVER  (anas crecca)

SIGNES DISTINCTIFS

Mâle

Bec gris ‑ Tête d'un roux vif avec une lar­ge bande verte entourée de jaune pâle ‑ Poitrine crème, tachetée de noir ‑ Ventre blanc ‑ Ailes gris‑brun, miroir vert encadré de blanc et de noir ‑ Pattes grises ‑ Yeux agrémentés d'un iris brun.

Femelle :

Bec gris‑brun, tacheté de noir ‑ Poitrine crème ‑ Ventre blanc ‑ Ailes semblables à celles du mâle ‑ Pattes grises ‑ Yeux agré­mentés d'un iris brun.

-----------------------

C'est probablement le canard le plus fré­quent dans nos marais.

C'est aussi le plus petit, pouvant ne peser que 250 g. surtout la femelle, et atteignant rarement la livre.

En plumage nuptial, le mâle à la tête roux marron, avec un croissant vert liseré de jau­ne entourant l'oeil ; le cou est roux, le dos et les flancs gris chinés de noir.

Son ventre est blanc crème tacheté de noir à la poitrine.

Les ailes sont gris brun avec un miroir vert encadré de blanc et de noir. La queue est noire avec deux triangles latéraux jaunes. Le plumage de la femelle ressemble beau­coup à celui de la cane colvert mais s'en distingue par le miroir vert. Les pattes et le bec sont gris. Le bec de la femelle est sou­vent légèrement brunâtre, taché de noir.

 

MODE DE VIE

Les sarcelles d'hiver font leur apparition chez nous dès le début d'août et le passage peut durer jusqu'à décembre pour peu que la température soit clémente ; le retour dé­bute en février et se termine à la mi‑avril. Les années normales, le point culminant a lieu autour du 15 octobre pour l'aller et du 1er mars pour le retour. Cela posé, la sar­celle est le type même de l'oiseau erratique et vagabonde tout l'hiver au gré des sautes de températures ou du vent, ce qui explique la fréquence des observations. Elle est fri­leuse, et si on la voit lors des coups de froid d'arrière saison, ce sont seulement des attardées, le gros de la troupe ayant déjà re­joint ses lieux d'hivernage. Ses déplacements la mènent en Afrique du Nord et même jus­qu'au Soudan, au Nigéria et au Kénya ; mais elle hiverne aussi dans les îles britanniques et en France.

Les points de rassemblement les plus im­portants en France sont la Camargue, la Baie de l'Aiguillon et la Basse‑Loire.

La nidification s'étend sur les mois de mai et juin comme pour la plupart de nos canards. La sarcelle se reproduit sur les bords de la Baltique, en Scandinavie et en URSS, jus­qu'en Sibérie. Le nombre des couvées en France est insignifiant.

Le nid est construit la plupart du temps non loin du bord de mares peu profondes et à la végétation dense, bien au sec. La pon­te est de 8 à 10 oeufs et l'incubation dure en moyenne 22 jours. Dès le début juillet, les jeunes sont bien volants et autour du 1er août ont lieu les premiers rassemblements avant le départ. Son alimentation est sur­tout végétale, composée de graines et de débris végétaux. Cela explique sa prédilec­tion pour les marais de faibles profondeurs, les prairies inondées. Mais elle fréquente les endroits les plus variés, fossés, petites ma­res de forêt, étangs grands ou petits, lacs, estuaires, et vasières.

 

sarcelle-hiver03

 Sarcelle d'hiver femelle.  (photo De la poule à l'autruche)

 

 

Publié dans : OISEAUX de parc
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Mercredi 25 août 2010 3 25 /08 /2010 15:32

 

 Havane 2

 

MIEUX CONNAITRE LE PROCESSUS

DE LA LACTATION CHEZ LA LAPINE

Deux constatations soulignent et expliquent nous semble‑t‑il, le pourquoi d'un problème préoccupant pour les éleveurs :

1) La lactation d'une bonne lapine passe de quelques grammes les premiers jours, à près de 150 grammes le 21ème jour, pour retomber très rapidement par la suite.

2) C'est à partir du 21ème jour que l'ali­mentation solide et individuelle du lapereau s'intensifie.

Or, à l'élevage, tous les problèmes patho­logiques, inhérents à la nourrice se manifes­tent de la naissance à la troisième semaine alors que le lapereau devient à son tour délicat à partir de cette époque. Comment peut‑on expliquer ceci ?

A ‑ Si l'on fait une comparaison avec un autre mammifère, la vache, qui pèse cent fois plus, on voit que la lactation de la lapine est proportionnelle, puisque 250 grammes re­présentent 25 litres d'une excellente vache laitière. Tous les problèmes qui se posent à cette dernière, se retrouvent, parfois compliqués, chez la lapine. Montées du lait, apparition de l'instinct maternel, douleurs des mammelles, engorgements, appauvrissement de l'orga­nisme en sucre, du sang en calcium, compli­cations intestinales qui se traduiront chez cette dernière par une absence de nidifica­tion, des manifestations de cannibalisme, de mammites, de toxémie de gestation, d'hypo­calcémie ou fièvre vitulaire, d'entérotoxémie.

Le vétérinaire qui se déplace pour la va­che, applique le traitement qui la sauvera. La lapine, moins intéressante, meurt parfois sans prévenir. C'est donc à l'éleveur qu'il ap­partiendra de prévenir plutôt que de guérir. Et déjà les méthodes proposées s'avèrent excellentes et confirment les suppositions faites au sujet de ces accidents. La préparation à une bonne maternité, s'obtiendra par une bonne alimentation riche en phosphore‑cal­cium, vitamines, A, D3, E, donnée en fin de gestation et surtout, c'est essentiel, un abreu­vement frais ou tiède selon la saison et à discrétion.

Chez certaines lapines laitières déficientes, la montée du lait pourra être favorisée égale­ment par l'administration de galactogène. Etant donné que les hormones doivent être formellement proscrites, des formules voisi­nes de celles utilisées chez la femme, peu­vent être employées avec succès au clapier. Mais c'est surtout à la naissance, qu'un ap­port de sels de calcium et  de phosphore, d'une formule  un peu particulière, et sous forme parfaitement assimilable, doit être distribué obligatoirement dans l'eau de bois­son.

Comme chez la vache, et proportionnelle­ment, on administrera des vitamines, notam­ment A et E. L'expérience, montre déjà une réduction considérable du taux de stérilité, de mise bas anormale, de cannibalisme et la disparition quasi totale des autres accidents.

B ‑ Pour le lapereau qui voit sa ration lac­tée décroître très rapidement à partir de la 3ème semaine, le problème est de préparer son tube digestif à s'accoutumer à une ali­mentation solide, cellulosique, en un temps très court. C'est en général un véritable stress, et la flore intestinale se modifie par­fois d'une façon anarchique, et il s'installe souvent une flore microbienne pathogène entraînant des toxémies (colitoxémie, enté­rotoxémie) ou des diarrhées longues à gué­rir dans les cas les moins graves, ou bien au contraire, importantes, abondantes, mucoïdes ou non, qui liquident l'animal ou la por­tée en quelques heures. Dans ce cas, l'éle­veur est souvent insuffisamment armé, mais il comprendra déjà l'intérêt de ne pas réduire la quantité de boisson, (dans le but de diminuer la diarrhée) alors que l'organisme est habitué à la grande quantité d'eau apportée par le lait. Il convient également de donner de la 3ème à la 4ème semaine au moins, des ferments lactiques convenables et valablement titrés, en quantité suffisante pour combattre les flo­res pathogènes. Si celles‑ci prenaient le des­sus, les antibiotiques pourraient être effica­ces, s'il n'est pas trop tard, et si les ferments lactiques de réensemencement sont distri­bués immédiatement après.

Des essais de vaccination, pour réduire ou empêcher les risques d'installation d'une flore intestinale pathogène, et surtout les risques de toxémie, sembleraient apporter, également une solution. Et puisqu'il est question de vac­cinations, soulignons que devrait être parti­culièrement étudiée leur application pendant la gestation, comme chez la vache, mais d'autant plus que chez les rongeurs, la bar­rière foetale est beaucoup plus perméable au passage des anticorps maternels vers le foetus, ce qui ne diminue en rien l'intérêt de leur passage dans le colostrum.

De toute façon, le problème de la cocci­diose, dont les manifestations sont voisines de celles des entérites microbiennes, mais dont les causes sont totalement différentes, ne doit pas être non plus négligé.

Ainsi, une meilleure connaissance des pro­cessus de la lactation chez la lapine, expli­que parfaitement le plus grand nombre des accidents pathologiques observés à cette période de l'élevage, et l'on comprend très facilement alors la nécessité chez la nour­rice d'une production facile, importante, et de qualité.

 

Noir à jarres blancs

 

Publié dans : LAPINS
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Samedi 21 août 2010 6 21 /08 /2010 15:41

Culbutant d'Eisker

 

 

SEPARER LES JEUNES PIGEONS DES ADULTES

Le système que nous appellerons "liberté surveillée ou contrôlée", concilie les avanta­ges de la pleine liberté et de l'élevage en volière, éliminant de surcroît leurs inconvé­nients.

Mais ces régimes de "liberté surveillée' n'excluent pas, comme dans le strict élevage en volière, la séparation des jeunes à la­quelle il est bon de procéder en temps op­portun.

Il est des petits élevages d'amateurs où, faute de place, à moins que ce ne soit faute de petit capital nécessaire à une installation rationnelle, on ne dispose que d'une seule volière plus ou moins réduite. Là, les cou­ples de reproducteurs sont mêlés aux jeu­nes en instance de départ vers d'autres cieux, en instance de fin culinaire ou en instance de futur accouplement s'ils sont jugés dignes d'être promus au grade de reproducteurs.

Dans ces conditions, il n'est pas surpre­nant que l'élevage subisse des à‑coups sé­rieux du fait de bagarres fréquentes ou de "distractions" intempestives fournies aux .pères nourriciers".

En effet, on ne doit pas "appareiller" des jeunes en vue de la reproduction avant qu'ils aient six mois révolus dans les petites races et, avec les Romains, les Montaubans, les Mondains, il est préférable de laisser les su­jets se développer, sans excès sexuels, jus­qu'à huit, dix et même douze mois.

Or, parfois lorsqu'ils ont trois mois dans le cas de précocité, sûrement à quatre ou cinq mois, les jeunes commencent à être tyranni­sés par l'instinct sexuel.

Il s'ensuit que d'une part les mâles des couples reproducteurs font leurs offres de services aux jeunes femelles non accouplées au lieu de se consacrer, comme ils le doi­vent, au nourrissage de leur progéniture ; que parfois ces offres de services sont agréées, ce qui conduit le mâle déjà pourvu, à la bigamie de sorte qu'il ne pourra plus assurer durant le jour l'accouvaison simulta­née de deux couvées différentes et l'une de ses deux épouses ne pourra plus se reposer et se restaurer normalement. En outre, il ne pourra pourvoir convenablement à l'alimentation de ses deux nichées jumelles. Ce sera la pagaille et les jeunes qui en seront issus n'arriveront guère en bonne condition.

D'autre part, les jeunes mâles non accou­plés tenteront soit de "débaucher" sans y par­venir d'ailleurs, une femelle accouplée et cela leur vaudra quelques belles corrections de la part de l'époux légitime, soit de s'accou­pler à une jeune femelle dépareillée qui se trouve disponible. Mais en ce cas, le moin­dre risque est que cet accouplement ne sera pas celui qu'a comploté l'éleveur, d'autant que le plus souvent il se pratiquera entre frère et soeur, ce qui n'est pas recommandé. Le plus grand mal est que cet » appareillage" volontaire fatiguera les jeunes encore insuffi­samment développés, et les épuisera d'au­tant plus qu'avant de parvenir à leurs fins, ils devront subir les assauts des autres mâles, adultes et accouplés, qui essaieront de parti­ciper à l'initiation des jeunes femelles. En­core de la pagaille en perspective, des ba­tailles, des oeufs cassés, des adolescents écartés des mangeoires par les vieux belli­queux, etc.

On voit donc qu'il y a intérêt majeur à séparer les jeunes des couples reproduc­teurs. Comment et quand ?

Dans toute installation de colombiculture bien comprise, il doit y avoir outre la ou les volières réservées aux reproducteurs ‑ ex­clusivement réservées ‑ deux autres volières destinées aux jeunes encore dépareillés. Dans les modestes élevages qui ne peuvent s'offrir plusieurs volières, il sera nécessaire de cloisonner avec du grillage et une porte de communication intérieure, deux petits compartiments de l'unique volière, pour les jeunes. Ces deux compartiments seront inégaux. Le plus petit sera affecté aux jeunes femel­les déclarées et aux plus jeunes dont le sexe est encore douteux. Et voici comment on pro­cèdera à la séparation qui se fera dès après le sevrage.

Lorsque, dans la volière des reproducteurs, des tout jeunes sont en âge de s'évader du nid, de s'envoler de leur case, ils doivent demeurer encore dans la volière des adultes car ils seraient incapables de s'ali­menter tout seuls. A cet âge, l'instinct sexuel ne joue pas encore et les autres adultes les laissent aller et venir sans trop les inquiéter. Si quelque mâle irascible, ce qui se voit, leur cherchait querelle, le père s'empresserait de défendre ses enfants contre les batailleurs.

Durant quelques jours, les jeunes sortis du nid s'essayent à ingérer d'eux‑mêmes les pe­tites graines qu'offre la mangeoire. Mais comme ils n'y parviennent guère, ou insuffi­samment, ils poursuivent leur père, en pous­sant de petits cris, afin qu'il continue à leur donner la becquée.

Quelques jours plus tard, les jeunes par­viennent à s'alimenter seuls. Lorsqu'on cons­tate que le père, malgré les sollicitations piaillantes de ses enfants, se refuse à les nourrir pour se consacrer entièrement aux plus jeunes de la couvée suivante qui est encore au nid, le moment du sevrage appro­che.

Encore trois ou quatre jours pour être bien sûr que les jeunes en question s'alimentent correctement tout seuls et sans le secours paternel, et c'est l'instant de la séparation. Les deux jeunes (à moins d'un fils unique accidentel) sont alors transportés, sans qu'on ait à se préoccuper de leur sexe, dans le compartiment ou la volière des jeunes fe­melles dépareillées. Ils y demeureront jus­qu'à trois ou quatre mois, jusqu'au moment où l'on constatera que l'un deux (parfois les deux) fait la roue en roucoulant autour des autres jeunes femelles de son compartiment. S'étant alors déclaré mâle de lui‑même (c'est le meilleur moyen de discerner les sexes sans erreur en laissant parler la nature), il sera alors placé dans le compartiment de la volière des jeunes mâles.

Ainsi tout se passera dans l'ordre. D'un côté on aura des jeunes mâles déclarés, de l'autre des jeunes femelles et des tout jeu­nes non déclarés. Dans ce dernier comparti­ment on pourra considérer que les jeunes de cinq mois qui laissent tranquilles les femel­les sont bien eux‑mêmes des femelles.

Dès lors, tout ira bien dans la volière prin­cipale des reproducteurs et l'éleveur pourra, en cas de vente, savoir où trouver des mâ­les et des femelles. En cas d'appareillage futur pour former de nouveaux couples re­producteurs, il pourra fixer son choix très à l'avance en combinant les qualités ou les cou­leurs de plumage des uns et des autres, et en évitant la consanguinité, surtout entre frère et soeur.

Pouvant examiner à loisir ses jeunes su­jets, il choisira, sans se presser et par com­paraison entre eux, ceux qui sont dignes d'être conservés pour lui ou d'être vendus en faisant honneur à son élevage, et ceux qui n'ont de valeur qu'agrémentés de petit pois, lentilles ou choux divers.

Vous savez maintenant que la séparation des jeunes pigeons est indispensable et com­ment on y procède pour la bonne marche de l'élevage.

 

Boulant d'Aix la Chapelle 

Publié dans : PIGEONS
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