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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 17:39


LES CYGNES

 

 

Si Buffon a consacré la magnificence de ce superbe volatile dans un chapitre presti­gieux, il n'a pas dissipé la confusion qui rè­gne encore dès qu'il s'agit de cygnes do­mestiques ou de cygnes sauvages.

C'est que, sans devenir pour cela "le cy­gne sauvage", le cygne domestique peut, lui aussi, être un cygne vivant à l'état sau­vage. Essayons d'expliquer cette chinoise­rie.

Trois espèces de cygnes, parfaitement distinctes, peuvent être rencontrées en France, à l'état sauvage, ce sont :

‑ Le cygne à bec tuberculé, ou cygne do­mestique (Cygnus olor L).

‑ Le cygne à bec jaune, cygne chanteur, ou cygne sauvage (Cygnus cygnus L).

‑ Le cygne de Bewick (Cygnus Bewicki yarrel).

 

LE CYGNE A BEC TUBERCULÉ

 

Le cygne à bec tuberculé ou domestique est celui que chacun connaît et qui vit soit à l'état entièrement sauvage, semi‑domesti­que ou entièrement domestique. Il se distin­gue facilement de ses congénères par son bec rouge, surmonté d'un caroncule noir charnu et par le port de son cou recourbé en S.

A l'état sauvage, il préfère des climats plus tempérés que les deux autres espè­ces. Il "estive" dans le Sud de la Scandina­vie, dans le Nord de l'Allemagne, en Russie centrale et méridionale, dans la presqu'ile balkanique, le Turkestan, le Sud‑Est de la Sibérie, etc. Il hiverne surtout dans la mer Noire et le Sud de la mer Caspienne, d'où il se répand vers l'Orient jusqu'au nord‑ouest de l'Inde, et vers l'Occident jusqu'au Maroc par l'Asie Mineure, la Grèce, l'Egypte (delta du Nil), la Sardaigne et l'Algérie. Ses migra­tions annuelles, du nord au sud, le ramè­nent assez souvent en Danemark, moins fréquemment dans les îles Britanniques et le Nord de la France.

Les cygnes à bec tuberculé, qui vivent à l'état libre, mais semi‑domestique, sur cer­tains lacs et rivières, sont généralement capturés tout jeunes et relachés aussitôt après avoir été éjointés afin qu'ils ne puis­sent s'enfuir. Lorsque cette opération n'a pas été faite, il est difficile de les distinguer des individus vraiment sauvages avec les­quels ils émigrent, car ils deviennent aussi méfiants que ceux‑ci.

 

LE CYGNE A BEC JAUNE

 

Le cygne chanteur, cygne à bec jaune ou cygne sauvage, bien que de la même taille que le précédent, s'en différencie aisément par son bec plat, uni, sans caroncule, jaune de la base aux narines et noir ensuite jus­qu'à son extrêmité. Il se distingue même de très loin par son cou érigé tout droit, per­pendiculairement à son corps.

Son aire de dispersion, plus vaste et plus boréale que celle du cygne à bec tuberculé, s'étend de l'Islande au Kamtchatka, par le nord de la Suède, la Laponie, la Russie et la Sibérie septentrionale. Il niche isolément en Islande, Finlande, mais surtout au nord du cercle polaire, Européen et Asiatique. Il hiverne du Japon au nord de l'Afrique, en Chine, Perse, etc., mais c'est surtout dans la mer d'Aral, la mer Caspienne, à l'embou­chure de la Volga, et en mer Noire qu'il sé­journe en grand nombre. De là, il irradie jusqu'en Syrie et en Egypte, à travers la Turquie et la Grèce. Par les veines de mi­gration qui longent les golfes de Botnie, de Finlande, les côtes de la Baltique, le Danemark, les iles Britanniques, la Hollande, il atteint la France au cours des hivers rigou­reux.

Le cygne à bec jaune ne se reproduisant pas, dit‑on, en semi‑liberté, on peut être assuré que les individus qui nous visitent pendant les grands frimas sont des migra­teurs sauvages. La plupart des exemplaires qui furent abattus en 1922 et 1929 apparte­naient à cette espèce généralement plus abondante que le cygne à bec tuberculé durant les hivers rigoureux.

 

LE CYGNE DE BEWICK

 

Le cygne de Bewick est beaucoup plus petit, il ne dépasse guère un mètre, bec non compris, et son poids n'excède pas cinq à six kilos. En dehors de sa taille moin­dre, il se distingue du précédent par sa tête moins plate, par un aspect court et ramassé qui la rapproche des oies et par son bec plus renflé dont la partie basilaire jaune se trouve réduite, la couleur noire englobant largement les narines. Son habitat chevau­che celui du cygne chanteur, mais il est encore plus septentrional. Il niche en Nouvelle Zembie et sur les iles asiatiques de l'océan glacial Arctique. Par contre, il hivernerait moins au Sud que ses congénères et il ne paraît pas signalé sur les côtes africaines.

Quoiqu'il ne soit pas rare en Finlande, en Scandinavie, au Danemark, en Ecosse, en Irlande, etc., il ne descend pas souvent jus­qu'en France.

En résumé, si le hasard vous met un jour en présence de cygnes à bec jaune et noir non caronculé, qu'ils soient cygnes chan­teurs ou de Bewick, vous vous trouverez en face de volatiles sauvages.

Si vous rencontrez l'espèce a bec caron­culé, vous aurez affaire soit à des migra­teurs sauvages, ce qui est exceptionnel, soit à des oiseaux ayant déserté les étangs, les rivières ou lacs à cause des frimas et où ils vivaient à l'état libre ou semi‑domesti­que. En février 1929, quand bon nombre de cygnes, en majorité des cygnes chanteurs, furent tués sur notre territoire, il fut vite question de les protéger. C'est maintenant le cas et c'est très bien ainsi.

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