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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 15:59

Conseils de sagesse aux cuniculteurs amateurs

 
Il convient d’insister sur la nécessité d'accorder aux mères lapines des cages spacieuses, mais nous ne saurions trop répéter que la mortalité ou tout au moins la débilité des lapereaux provient autant du manque d'espace que des erreurs répétées, d'une mauvaise alimentation et d'un manque d'eau de boisson.

Le jeune lapin ne peut, dans une case étroite et peu profonde, prendre l'exercice qui doit lui assurer un bon état général, un développement rationnel des muscles, à mesure que le squelette grandit.

Dans certains élevages où les cases sont cependant relativement grandes, les cuniculteurs n'hésitent pas à grouper, au sevrage, toutes les jeunes femelles de plusieurs portées de même âge, dans de vastes clapiers spéciaux ou dans des parcs aménagés sous un hangar.

De même pour les jeunes mâles : toutefois à trois mois, ces derniers sont séparés, s'ils sont destinés à la vente comme reproducteurs, ou s'ils sont destinés à la consommation.  C'est là une méthode d'élevage à recommander.

L'espace, dans un lieu froid et humide, ne donne pas des résultats beaucoup plus brillants que le manque d'espace dans des conditions analogues, les lapereaux ayant besoin d'air pur, de lumière et de soleil.

Avec les races à fourrure délicate, il est tout aussi facile d'accorder aux jeunes grand air et soleil qu'avec les races au pelage résistant.  Du reste, en dehors des sujets d'exposition que l'on peut être obligé de maintenir dans des conditions spéciales, tous les lapins reproducteurs et jeunes doivent pouvoir bénéficier des bienfaits du soleil tout au moins de mars à fin juin.  Ils acquièrent ainsi plus de vigueur et, par conséquent, une plus belle fourrure à l'époque de la mue d'été ou d'automne.

Que d'éleveurs ignorent la puissance du soleil sur la santé et le développement des animaux et l'heureuse répercussion que cette santé aura sur la beauté de la fourrure d'hiver ; galvanisés par la crainte de voir surgir des taches dans la teinte du poil de leurs lapins, ils vont à l'encontre de leurs intérêts. C'est également la crainte qui endigue les meilleures méthodes d'élevage, alors qu'elles devraient s'étendre bienfaisantes et sereines sur plusieurs centaines de milliers de clapiers.

Oui, c'est la crainte, la crainte de perdre des lapereaux et des adultes qui fait méconnaître les meilleurs conseils et, pourtant, ceux qui hésitent sont précisément ceux qui, chaque année, perdent implacablement et des jeunes et des reproducteurs.

Nous avions eu connaissance d'un élevage où, successivement, les lapereaux et quelques adultes avaient été frappés coup sur coup. Lorsque nous avons conseillé une méthode d'élevage différente de celle appliquée, l'éleveur est parti en levant les bras au ciel, préférant courir après tous les produits vétérinaires connus que d'apporter à son élevage des procédés aussi « excentriques ».

Fort heureusement, la très grande majorité des cuniculteurs nous prête moins d'extravagance, même lorsqu'ils ne nous suivent pas à la lettre.

Voici donc comment il faut élever les jeunes lapins jusqu'au sevrage :

Nous sommes d'accord, sans doute, sur le fait que les reproducteurs ont de l'eau fraîche à leur disposition toute l'année et que, par conséquent, les mères ont à boire à volonté.  Une lapine qui boit beaucoup fournit plus de lait que si elle est privée d'eau et son lait est bien supérieur à celui d'une lapine qui ne boit pas.

Les mères doivent disposer, en outre, d'une abondante litière saine, afin que le nid où se trouvent des lapereaux soit profond et chaud ; l'économie dans la litière est payée très chèrement par l'éleveur.

On ne doit pas déranger les lapereaux, sauf le lendemain de la mise bas, lorsqu'on visite le nid après avoir mis la mère dans un panier.

Vers le 17, 18, 19 ou 20ème jour, les jeunes commencent à sortir et, dès leurs premières sorties, ils cherchent à grignoter un peu.

Si l'éleveur a pris soin de ne laisser à la mère que six petits, s'il n'a pas hésité à nourrir à discrétion, les jeunes lapins ne sortiront pas trop tôt du nid, car la mère leur aura assuré un lait riche et abondant.  Les petits seront en outre bien portants et prêts à profiter des soins et de l'alimentation qui leur seront donnés.

Le chiendent est une des meilleures herbes à donner aux lapereaux à leur première sortie ; des pissenlits, voire même des feuilles de choux, des croûtes de pain l'accompagnent sans le moindre danger pour la santé des jeunes lapins, ces derniers mangeant peu si la mère a eu tout le nécessaire.

Il faut aussi que les lapereaux puissent boire s'ils en ont envie : une petite terrine de terre cuite contenant de l'eau bien propre et renouvelée matin et soir remplacera l'abreuvoir habituel de la mère, lequel est généralement accroché assez haut dans le clapier. Au bout de quelques jours, il n'est pas utile de changer l'eau deux fois par jour : une fois suffit.

Dès que les lapereaux sont habitués à grignoter un peu, ils s'attaquent aux carottes, aux betteraves et à l'avoine. Cette dernière est excellente pour la santé des lapins et des lapereaux ; elle les fortifie merveilleusement, assure le développement des jeunes et un lait riche aux mères. Le gros son de blé bien sain est bon pour les jeunes comme pour les adultes. Bref, après quelques jours d'alimentation, les jeunes lapins mangent comme des adultes et ils boivent beaucoup.

LA MORTALITÉ DES LAPEREAUX

Parmi les causes de la mortalité des jeunes lapins, il en est une qui n'apparaît pas, lorsqu'on cherche à déterminer les faits qui peuvent l'avoir provoquée : d'abord un affaiblissement, ensuite la mort d'une ou de plusieurs nichées de lapereaux.

Cette cause qui, à elle seule, fait de grands ravages dans les clapiers, n'est autre que l'erreur que commettent de nombreux particuliers en mettant leurs jeunes lapines au mâle bien avant l'âge désirable. Cette première grosse faute est presque toujours suivie d'une autre de même ordre.

Pour obtenir beaucoup de portées, trop d'amateurs remettent les lapines au mâle avant qu'elles n'aient même fini d'élever leur première nichée.

Résultats : les lapines ayant été mises au mâle trop tôt, les petits qui naissent de cette maternité prématurée sont délicats.  En outre, il n'est pas rare que la mère soit incapable de leur donner un lait assez riche et assez abondant et les petits restent chétifs pour en arriver à dépérir.

Si la nichée ne crève pas, qu'elle poussotte tant bien que mal, les lapereaux ne font guère que de tristes sujets, champs propices au développement de toutes les maladies et même à l'introduction de celles-ci.

Quand, par surcroît, ces pauvres jeunes mères sont tenues de mettre au monde une nouvelle série de lapereaux avant de s'être tant soit peu reposées de la première portée, il ne reste plus qu'à procéder hebdomadairement, ou bi-hebdomadairement à la désinfection des cases où la maladie et la mortalité ne cesseront leur action dévastatrice que lorsque tous les jeunes sujets seront enfouis dans un coin du jardin.

C'est tellement important, cette question des accouplements chez le lapin, qu'il faudrait pouvoir établir plusieurs barèmes d'âges.

Chaque race a son développement spécial et il faut avant tout en tenir compte. On classe donc ainsi les lapins pour les accouplements.

Races précoces, minimum 7 mois.

Races mi-lourdes et assez précoces, 8 mois.

Races à développement lent, 10 à 12 mois.

Il n'y a pas un seul éleveur compétent qui n'attache la plus grande importance à ces principes, c'est pourquoi on voit de si beaux sujets dans leurs élevages et souvent de si piètres lapins ailleurs, mais il faut cependant reconnaître que ce n'est pas là le résultat d'entêtement de la part des amateurs.  Tous ceux qui ont des animaux de basse-cour aiment les bêtes et, à part quelques rares exceptions, ils ne demandent qu'à être éclairés, après quoi ils sont les premiers à mettre en application les conseils qui leur sont donnés, sauf peut-être pour l'eau de boisson.

Malgré tout ce qu'il y a de logique dans le geste de mettre de l'eau fraîche à disposition des lapins, il y a encore trop d'amateurs qui ne donnent à boire aux lapins que de façon parcimonieuse.

Pourquoi cette hérésie cruelle est-elle si tenace alors que l'eau ne coûte rien et permet des résultats tellements supérieurs tout en évitant aux lapines des souffrances inutiles.  Il faut lutter contre une si funeste erreur ;  on finit par y arriver en intervenant de nombreuses fois auprès des réfractaires les plus endurcis.

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Published by - dans LAPINS
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