Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 16:12


QUE FAUT-IL PENSER DES ACCOUPLEMENTS LIBRES ?

 

La grande majorité des colombophiles procède, chaque année, à de savantes combinaisons destinées à former les couples les plus susceptibles, à leurs yeux, d'apporter une amélioration de leur culture. Nous nous empressons de dire qu'il en fut de même, pour ce qui nous concerne, durant des décennies, mais, objectivement, nous nous demandons aujourd'hui, avec le recul des années, si nous ne cherchions pas avant tout, à nous faire plaisir… en mettant, sur le papier, les couples qui nous semblaient les plus beaux. Bien souvent, le lendemain, ou quelques semaines plus tard, nous annulions tout ce que nous avions "mis sur pied"… pour recommencer ensuite.

Le plus grand mérite de tout cela était de meubler nos soirées d'hiver ou d'occuper notre esprit durant les courtes périodes d'insomnie que nous connaissions alors : très brèves, quand nous étions très jeunes, elles ont, hélas, augmenté en durée depuis… Mais le fait de "faire" mentalement nos futurs accouplements, valait largement le traditionnel comptage des… moutons !

Nous devons admettre, très honnêtement, que nous savons, bien peu de choses sur nos pigeons, et tout particulièrement pour tout ce qui touche aux problèmes de génétique. Notre pigeon, fabriqué de "toutes pièces" par la main de l'homme, et modelé par l'utilisation qui lui est réservée, présente des "variantes" tellement importantes, que ce soit dans sa morphologie, le plumage, la couleur des yeux, et surtout le psychisme ou, disons plutôt, le comportement, qu'il est pratiquement impossible de savoir ce qui "sortira" de tel ou tel accouplement.

Celui qui procède à la consanguinité depuis quelques années aura, certes, des pigeons formant une équipe beaucoup plus homogène que celui qui croise des souches à tort et à travers, mais le premier sera-t-il assuré de produire davantage de bons pigeons que… le second ? Rien n'est moins sûr !

Comme chacun le sait, la consanguinité permet de fixer les caractères, les qualités comme les défauts, mais seulement le croisement (avec beaucoup de chance), permet d'obtenir, de temps en temps, des produits supérieurs à la moyenne ; l'idéal, croyons-nous, étant de croiser deux souches issues d'accouplements consanguins, bien entendu, si ces deux souches sont de qualité.

Celui qui a la chance de posséder un ou deux très bons pigeons qui donnent, chaque année, quelques bons jeunes, pourra changer ces pigeons de partenaire, s'il possède quelques femelles de grande classe : encore faudrait-il que celles-ci aient démontré leurs qualités de bonnes reproductrices. Nul ne contestera qu'un excellent pigeon de concours peut être, par ailleurs, un bien médiocre reproducteur, et inversement. Heureusement qu'il en est ainsi, sinon il n'y aurait que des champions dans tous les colombiers.

Après tout, la lutte entre ces cracks pourrait néanmoins avoir lieu, la condition ou la forme de l'un ou de l'autre n'apparaissant pas forcément au même moment : cela suffirait amplement à établir la différence. Mais nous n'en sommes (pas encore ?) là : les colombiers son peuplés surtout de pigeons moyens ou médiocres (selon la sévérité de leur propriétaire), pigeons au-dessus desquels on trouve, parfois, un extra…

Nous avons toujours conseillé aux amateurs de bien concilier leur méthode avec leurs disponibilités de loisirs, sous peine de connaître des contraintes qui réduiraient à néant le plaisir de jouer aux pigeons. Par ailleurs, il faut harmoniser le tout : selon les installations dont on dispose, on peut ou on ne peut pas maîtriser les accouplements avec la… garantie de paternité car nos pigeons ont vite fait de "donner un coup de canif dans le contrat".

Alors, entre deux maux, choisissons le moindre : le colombophile qui dispose de peu de temps, qui part très tôt le matin et rentre tard le soir, qui ne possède pas d'installations adéquates, aura tout intérêt à procéder à une sélection féroce en ne conservant que des sujets irréprochables et laisser chaque mâle choisir la femelle de son choix.

Il évitera ainsi beaucoup de complications et les produits obtenus seront d'aussi bonne qualité que s'il avait imposé telle femelle à tel mâle, mais nous insistons bien sur le fait suivant  : cette méthode n'est recommandée que pour celui qui ne conserve que ses meilleurs pigeons, après (encore une fois) sélection très sévère. Il pourra intervenir si des couples trop consanguins (frère et sœur par exemple) se formaient, mais nous ne pensons pas qu'il y ait lieu de redouter des couples apparentés en dehors de cela. Une culture ne peut se produire qu'en ayant recours à la consanguinité (père et fille, grand-père et petite-fille, grand-tante, oncle et nièce et, bien entendu, mère et petit-fils, cousins, neveu et parentée plus éloignée).

Nous nous permettons d'insister encore une fois : cette méthode n'est souhaitable que dans la mesure où l'amateur connaît bien ses pigeons et leur ascendance, surtout leur ascendance. Dans le cas contraire, il vaut mieux avoir recours au croisement, en essayant, bien entendu, de former des couples avec des sujets de qualité. Le croisement améliore, bien souvent, et apporte davantage de rusticité, de vitalité, que la consanguinité. Mais l'idéal consiste, en colombiculture, à savoir se servir de deux "armes".

Sans consanguinité, il n'est pas possible de parler de culture, mais attention aux retombées négatives : il faut savoir introduire à temps l'élément étranger au courant de sang cultivé, et là, prenons bien garde, nous pouvons tout démolir si les résultats n'interviennent pas assez tôt, pour confirmer (ou infirmer) le bien-fondé de cette introduction.

En résumé, beaucoup de chemins peuvent mener à la réussite ; le hasard fait parfois bien les choses, mais il est bien rare qu'il récidive. Au colombophile de profiter de l'aubaine. Il vient de découvrir un champion, tant mieux. A lui, maintenant, d'essayer d'en refaire un autre, et puis encore d'autres, mais avec prudence, et c'est là qu'il aura besoin de la consanguinité pour fixer les qualités dans la descendance de ce sujet d’exception que le hasard lui aura mis entre les mains.

Encore une fois, à chacun sa vérité, dans la mesure, toutefois, où quelques principes élémentaires sont respectés. Mais ne cherchons pas, à tout prix, à compliquer les choses, sous prétexte de changement, et n'oublions jamais qu'il sera d'autant plus facile de maîtriser une colonie de pigeons que la méthode adoptée sera plus simple, et l'effectif le plus réduit possible.

Tout cela, d'autres que nous, bien avant nous et mieux que nous, l'ont souligné. Encore une fois, "innovation n'est pas toujours source de progrès".

 Avant de nous… embarquer sur des chimères, essayons de faire le mieux possible les choses simples de tous les jours : nous ne seront pas déçus.


Partager cet article

Repost 0

commentaires

Maëlle76 08/08/2009 17:16

Il s'agit d'Olivier Boulier, à Houdetot (76740).
Je vais d'ailleurs lui communiquer les références de votre blog, car sa passion ne l'a pas quittée, et il reparle de se relancer dans un nouvel élevage, mais pas forcément avec la même race...
A bientôt, Hugues, et bonne fin de journée à vous aussi.
Maëlle.

Maëlle76 08/08/2009 10:53

Bonjour, Hugues.
Une petite visite inhabituelle, ce matin...
L'élevage des pigeons n'est pas ma spécialité, mais plutôt celle de l'un de mes collègues qui m'avait un jour montré ses cauchois; il a arrété depuis l'épisode de grippe aviaire qui l'empêchait de porter ses pigeons en concours, et aussi par lassitude, car j'ai cru comprendre qu'il avait de plus en plus de mal à vendre ses pigeons, qui d'ailleurs me paraissaient fort beaux!
Ma spécialité, c'est la génétique et la sélection du lin, vous le savez... Et faire le parallèle m'amuse: nous aussi, on joue avec la consanguinité, mais il ne faut pas non plus en abuser, on garde toujours un certain pourcentage d'introductions "exotiques" dans nos croisements, pour conserver une marge de progrés et une diversité génétique...
Quant aux croisements dirigés, ils sont évidemment beaucoup plus faciles à maîtriser sur le végétal que sur les animaux... quoique!...
A bientôt, Hugues.
Bon week end à vous!
Maëlle.

Hugues 08/08/2009 17:03



Bonjour Maelle.
Je vous réponds sur mon blog, car je ne suis pas sûr qu'à partir du vôtre, j'y parviendrais. Je ne connais pas le nom de votre colombiculteur de voisin, mais nous avons dû l'avoir dans nos
fichiers puisqu'il faisait partie de la clientèle que nous prospections. 
Les bases de la génétique sont les mêmes qu'il s'agisse d'animaux ou de végétaux. Du reste, Mendel qui fut le fondateur de cette science a fait ses premières découvertes sur des pois. Avec les
végétaux, il est apparemment plus facile de faire de l'expérimentation de masse ; en outre, les cycles de reproduction sont souvent plus courts.
Il y a une vingtaine d'années, j'ai publié un livre sur la génétique du pigeon qui a connu un succès relatif car même en se cantonnant aux éléments de base, le sujet reste compliqué pour des
amateurs qui sont rarement des techniciens.
Bonne fin de journée, bon dimanche et à bientôt.


 



Claude B 23/01/2009 17:20

Il est splendide ce pigeon.
bonne soirée

Présentation

  • : Basse-cour et volière
  • Basse-cour et volière
  • : Documentation pratique permettant d'élever de façon rationnelle : volailles, pigeons, lapins, oiseaux de parc, de cage et de volière.
  • Contact

Nombre de pages vues 01/07/2014

 

1.373.050 

 

Mois record :

37.034  (05.2012)

Recherche

Visiteurs en ligne

Internat. ouvert le 14.04.09

free counters

Texte Libre

 

Catégories