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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 17:49

 

Photo : Les Oiseaux du Faucigny (liens)

LE PAON, un fier oiseau

 

L'Extrême‑Orient est le lieu d'origine des deux véritables espèces de paons, toutes deux apparentées à la famille des faisans : le paon ordinaire ou paon bleu de l'Inde et de Ceylan et le paon spicifère ou paon vert de Java et de l'Indochine. C'est le paon bleu de l'Inde que nous connaissons tous. Do­mestiqué depuis les temps anciens de la Bible et de l'Antiquité, il fut acclimaté en Ju­dée à l'époque du roi Salomon et introduit par Alexandre le Grand, en Grèce, où il fut tout de suite considéré comme un animal sacré, attribut de la déesse Junon. Plus tard, il s'est répandu dans le reste de l'Europe et dans le monde entier, où il est élevé pour devenir la parure des jardins publics ou zoo­logiques. Une variété noire, à reflets verts bronze, fut découverte en 1936 au Congo, provoquant une grande surprise dans le monde scientifique car c'est le seul repré­sentant des faisans sur le continent africain. Ce paon n'a pas la traîne de ses cousins asiatiques et le mâle porte une double hup­pe sur la tête.

Les paonneaux viennent au monde cou­verts d'un duvet brun‑beige mais, quelques heures après leur éclosion, les mâles font déjà la roue et déploient un éventail minus­cule auquel il faudra deux ans pour attein­dre son plein développement. A ce moment, les rectrices et les couvertures de la queue formeront une splendide traîne de 1,40 m à 1,80 m de longueur. La femelle a une livrée beaucoup plus modeste. Plus petite, elle ne porte pas de traîne et sa couleur est terne. Toute sa vie, qui peut durer quinze ans, no­tre oiseau arborera ces plumes qui tombent à la fin de l'été et repoussent en décembre. Elles sont vert bronze, avec un reflet cuivré vers les extrémités. Chacune est dotée d'une tache bleue, ou ocelle, en forme de coeur, bordée de bleu‑vert, de bronze doré, d'or et de brun chaud. Déployé dans tout l'éclat de ses voluptueuses couleurs, cet éventail fan­tastique prend la forme d'un bouclier qui semble vous regarder avec des milliers d'yeux.

D'après la mythologie romaine, c'est Ju­non qui avait semé sur la queue du paon les yeux d'Argus, ce redoutable prince argien aux cent yeux que Mercure était parvenu à tuer. Lorsque le paon, frémissant de tout son corps, commence à faire la roue, il dé­ploie sa queue en un grand éventail, com­me une auréole multicolore. C'est un spec­tacle magnifique mais, s'il se retourne, l'en­vers de ses plumes admirables est d'un gris-­brun, sans éclat ni beauté. La voix du paon est certes moins belle que son plumage. Certains de ses cris ressemblent aux miau­lements de vieux matou auquel viendraient se joindre les sons clairs et violents d'une trompette d'airain. Mais son cri le plus stri­dent est le fameux signal d'alarme ou de ralliement qui éclate sinistrement. Une vieille croyance populaire attribue au paon des ailes d'ange et la voix du diable.

 
LA VIE DES PAONS

 Les paons vivent en bandes dans les fo­rêts et les jungles du sud de l'Asie. Le jour, ils restent à terre mais ils se perchent dans les arbres pour la nuit. Les naturalistes les tiennent pour les animaux les plus agiles de la jungle malgré leur longue traîne. Un zoo­logue américain, Stuart Baker, n'hésite pas à dire qu'ils sont aussi souples que le ser­pent, aussi discrets que le chat et aussi pru­dents qu'un vieux bison aux aguets.

A la saison des amours, la pariade s'ac­compagne d'une impressionnante danse nuptiale. Le mâle tourne autour de la femel­le en faisant la roue, la poitrine gonflée. Il donne l'impression d'être conscient de sa beauté et de vouloir se faire admirer. L'ex­pression "fier comme un paon" n'est pas usurpée. Le paon est d'ailleurs polygame. Il se pavane parfois, dans toute la splendeur de sa roue étincelante, devant un harem de trois à six femelles, qui picorent avec indif­férence et daignent à peine relever la tête pour regarder ce déploiement de beauté destiné pourtant à les éblouir.

On a pu assister à un spectacle encore plus insolite que celui de la parade nuptiale des paons. Une douzaine de jeunes mâles s'ébattaient dans une clairière. Il n'y avait pas de femelles en vue, ce qui contredit la thèse selon laquelle les paons ne font la roue que pour les séduire. La queue entièrement déployée en auréole, ils dansaient entre eux, l'un en face de l'autre, inclinaient gracieu­sement le cou pour se faire des courbettes, avançant et reculant comme s'ils esquissaient des pas de rumba. Cette éblouissante dan­se se déroulait sans le moindre bruit. Puis, comme sur un signal silencieux, tout s'arrê­ta, les roues ocellées se replièrent et les oiseaux s'enfoncèrent dans la jungle.

La tradition veut qu'il existe entre les paons et les serpents une inimitié mortelle. A Ceylan, le naturaliste William Beebe s'est ap­proché d'assez près pour voir un paon jouer avec un daboia, vipère redoutable. L'oiseau décrivait des cercles et poursuivait le repti­le, gardant ses distances tout en incitant la vipère à frapper. Il ne cherchait pas à la tuer, il la tourmentait simplement. Puis, lassé ce de jeu, il descendit une pente en courant et prit son vol. Si farouche et si réservé qu'il soit, le paon accepte paisiblement la capti­vité. On en voit d'ailleurs sous toutes les la­titudes, dans des propriétés privées, des zoos ou des volières.

En captivité, l'oiseau de Junon parvient à un âge respectable. L'un des plus célèbres fut Pierrot, gardien du Palais des Nations, à Genève, mort à l'âge de vingt quatre ans.

Beaucoup de légendes se sont formées autour de la beauté et de l'étrangeté du paon, celle de l'incorruptibilité de sa chair, en par­ticulier qui l'a fait considérer au début de l'ère chrétienne comme le symbole de la résurrection. En Inde, on le respecte enco­re aujourd'hui comme un animal sacré et on le nourrit dans les temples. Et si l'on trouve son image représentée dans les stylisations les plus raffinées de l'art tant persan qu'hin­dou, on la voit aussi sur les tombeaux chré­tiens comme ceux de Ravenne, où elle pré­figure la splendeur de la résurrection.

Enfin, puisque nous relatons un fait qui se situe en Italie, rappelons encore les paons blancs des îles Borromées, les seuls paons blancs qu'il nous ait été donné de voir et qui suscitent l'admiration et l'étonnement des touristes.

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commentaires

Olivier 11/02/2009 18:16

magnifique le paon !
j'ai une communauté "passion élevage" si ça te dit ...

Cht'is lapinou 62 07/02/2009 10:12

Stp fet tourner mon site stp

mercii ;)

Cht'is lapinou 62 07/02/2009 10:11

Salùù

va sur mes sites :


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