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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 16:25


La coccidiose du pigeon

 

  La coccidiose est due à des organismes à cellule unique appelés protozoaires. Différen­tes espèces d'animaux et d'oiseaux ont leurs propres formes de coccidies et chez les pi­geons, on en trouve deux types. La coccidiose ne peut pas se transmettre d'une espèce d'animaux ou d'oiseaux à une autre. Ainsi, la coccidiose touchant les pigeons ne peut infes­ter les lapins, celle qui atteint les poulets ne peut s'étendre aux moineaux, etc. Les pi­geons attrapent donc seulement les coccidies des autres pigeons, directement ou indirecte­ment.

La coccidiose est très présente chez le pi­geon et il est presque impossible de l'empêcher d'affecter les oiseaux ou les pigeonniers. Elle est amenée par des pigeons errants ap­paremment en bonne santé ou bien malades, par vos propres sujets après une séance d'en­traînement, lors d'un transport ou d'un con­cours, par les éleveurs eux‑mêmes par l'inter­médiaire de leurs chaussures, de leurs vête­ments, etc.

Comme il s'avère vraisemblable que tôt ou tard les pigeons puissent être confrontés à un problème de coccidiose, nous devons tout mettre en oeuvre pour aider nos animaux à la combattre.

La coccidiose apparaît dans les cellules de l'intestin et leur cycle de vie complexe fait que la maladie se situe exclusivement à l'inté­rieur de l’organisme de l'oiseau ‑ les coccidies ne peuvent en effet proliférer dans l'environne­ment extérieur. Elles se multiplient un grand nombre de fois dans l'intestin jusqu'à en arri­ver à un stade supérieur de l'affection, à sa­voir la formation d'ookystes qui passent alors dans les fientes. Les ookystes peuvent survi­vre dans l'environnement pendant plusieurs mois et seul un examen des fèces en labora­toire déterminera et dénombrera les ookystes présents.

Les ookystes ont des enveloppes épaisses dont le pouvoir de protection est renforcé quand les conditions sont chaudes et humides. Tout d'abord, ils ne sont pas infestants, c'est‑à‑dire que s'ils sont absorbés par un pi­geon, ils disparaissent et ne se développent pas davantage. Mais après un délai de deux jours, ou plus si le temps est froid, ils mûris­sent et deviennent pathogènes. Les pigeons ingèrent ces ookystes infestants si leur nourri­ture, leur eau de boisson ou le milieu dans le­quel ils évoluent sont contaminés par des fien­tes contenant des ookystes, favorisant ainsi la prolifération de ces derniers. A partir de là, les coccidies se multiplient dans les cellules de l'intestin ; les petites quantités d'ookystes ayant pénétré dans le corps du pigeon se transforment en nombre important que l'on re­trouvera ensuite dans les matières fécales, contaminant de la sorte le milieu ambiant. Le cycle dure au moins 7 jours, plus long­temps s'il fait froid. Les ookystes sont très pe­tits ‑ on dit que 100 000 d'entre‑eux pourraient tenir sur une tête d'épingle.

De façon surprenante, un pigeon atteint de coccidiose ne rejette pas les ookystes de ma­nière régulière tout au long de la journée. Ain­si, dans un centre vétérinaire, on isola un pi­geon dont les matières fécales présentaient un nombre modéré d'ookystes. Trois fois par jour (à 8H, 16H et 24H), durant 5 jours, toutes les déjections produites furent analysées dans le but de rechercher des ookystes.

On découvrit alors qu'un nombre élevé d'oo­kystes se trouvait dans les fientes entre 8H et 16H, alors qu'entre 16H et 24H leur nombre était moindre, la masse d'ookystes baissant de manière significative la nuit entre 0H et 8H. Il est important de garder cet exemple en mémoire lorsque l'on veut collecter des échantillons de fientes pour évaluer la quanti­té d'ookystes.

Si le nombre de coccidies chez le pigeon est bas, l'oiseau peut vivre de la sorte sans risque particulier. En fait, il s'avère même qu'un taux réduit d'ookystes est probablement bénéfique puisque cela permet de stimuler le système immunitaire du sujet. L'expérience montre qu'un nombre de 3000 ookystes ou moins par gramme de fèces doit être considé­ré comme un chiffre extrêmement faible qui ne justifie aucun traitement.

Une quantité plus élevée d'ookystes dans les déjections, comprise entre 3000 et 20000 par gramme, n'est pas sans rapport avec des performances médiocres dues aux dommages causés dans les cellules situées dans l'intes­tin, interférant ainsi avec l'absorption d'élé­ments nutritifs. En pareil cas, il faut entrepren­dre un traitement.

Un plus grand nombre encore (plus de 20000 ookystes par gramme de fientes) occa­sionnera une perte de vigueur, de poids, des ennuis digestifs, surtout chez les jeunes pi­geons qui peuvent être victimes de diarrhées, leurs déjections molles devenant très vite li­quides. Les sujets sont faibles, perdent tout appétit, sont déshydratés et peuvent alors mourir. Les jeunes plus particulièrement sont touchés car soit ils périssent à la suite de dés­hydratation, soit leur intestin est gravement at­teint et ne peut résister à une attaque coliba­cillaire.

Les observations post‑mortem reflètent les signes cliniques suivants: déshydratation, ef­fets secondaires affectant les reins, des trou­bles au niveau de l'intestin comprenant une incapacité à digérer la nourriture, une mucosi­té visqueuse ou des teneurs anormalement fluides. Contrairement à ce qui se passe chez les poulets, la coccidiose les pigeons n'est pratiquement jamais à l'origine d'apparition de sang dans les matières fécales.

Les signes cliniques et post‑mortem obser­vés ne sont pas spécifiques à la coccidiose mais communs à bien d'autres maladies. On peut confirmer le diagnostic en prélevant des échantillons de fèces ou d'intestin que l'on examinera au microscope pour rechercher des traces de cette affection. Un laboratoire vétérinaire contrôlera également l'existence éventuelle d'autres maladies car plusieurs in­fections peuvent surgir en même temps.

Si la présence de coccidiose est confirmée, on appliquera un traitement (le danger n'est pas réel au‑dessous de 3000 ookystes par gramme). Certains traitements sont adminis­trés dans l'eau de boisson et d'autres se pré­sentent sous forme de comprimés à adminis­trer individuellement.

Les produits de traitement contiennent gé­néralement un sulfamide actif contre la coccidiose ; lis ne peu­vent être donnés que pendant une période courte (5 à 7 jours).

Les traitements doivent être suivis d'une désinfection capable de détruire les ookystes qui se sont propagés dans l'environnement et qui risquent de contaminer à nouveau les pi­geons. Tous les désinfectants ne sont pas susceptibles de détruire les ookystes. La cha­leur provenant d'un chalumeau est aussi très efficace.

Environ deux semaines après la fin du trai­tement, des échantillons de fientes provenant de plusieurs oiseaux seront prélevés afin de s'assurer de la bonne efficacité du traitement. Les fèces recueillies seront celles rejetées par les animaux entre 8H et 16H, et non pas cel­les déposées durant la nuit. Selon les résul­tats de certaines expériences, des pigeon­niers ne réagissent pas bien à certains traite­ments d'où la nécessité de vérifier les déjec­tions après traitement.

La première partie de cet article a mis l'ac­cent sur le cycle de vie de la coccidie, les signes de la maladie et les méthodes de trai­tement. Cette partie sera consacrée aux mé­thodes de contrôle.

Comme nous l'avons vu précédemment, les ookystes se trouvent partout où les pigeons sont installés et sont à même de provoquer des dommages considérables. Pourtant, grâce à l'immunité, tous les pigeons ne suc­comberont pas à la maladie. Si les oiseaux possèdent une bonne immunité contre la coc­cidiose, la coccidie aura beaucoup de difficul­tés soit à pénétrer dans les cellules de l'intes­tin, soit si elle y parvient, à se multiplier dans ces cellules.

Un juste équilibre réside donc entre la pré­sence de coccidies d'un côté et la capacité immunitaire du sujet de l'autre côté. Si, comme cela se produit souvent, des oiseaux sont exposés à un nombre limité de coccidies, ils auront la possibilité de développer leur sys­tème immunitaire et de combattre ainsi la ma­ladie. Toutefois, si les oiseaux sont confrontés à une forte attaque de coccidiose ou si leur capacité à lutter contre la maladie est amoin­drie pour d'autres raisons, ils ne pourront ré­sister à celle‑ci.

Comment pouvons‑nous contrôler la cocci­diose ? Si nous ne pouvons pas empêcher que les sujets y soient exposés, nous sommes capables, en revanche, de les aider à déve­lopper leur système immunitaire et à surmon­ter ainsi avec succès l'épreuve de la maladie. Deux moyens nous permettent d'y arriver : faire en sorte que les oiseaux soient touchés par un nombre de coccidies le plus bas possi­ble, et s'assurer que les défenses de leur or­ganisme, y compris celles du système immu­nitaire, fonctionnent au mieux.

Il existe plusieurs aménagements pratiques qui réduisent le nombre d'ookystes coccidiens dans l'environnement.

Nous savons qu'il faut au moins deux jours avant que les ookystes expulsés dans les fien­tes soient en mesure d'infester un autre pi­geon. Un enlèvement quotidien des fèces con­tribuera donc à Iimiter le nombre d'ookystes infectieux. De toute évidence, une grille pla­cée sur le sol s'avérera très utile.

Les ookystes ne peuvent survivre ou se dé­velopper lorsque l'environnement est très sec, et c'est la raison pour laquelle il convient que le sol des pigeonniers soit aussi sec que possi­ble ‑ évitez que les toits ne suintent, que les sujets lorsqu'ils boivent ne mettent de l'eau partout, qu'il y ait des problèmes de conden­sation... La lumière du soleil contribue égale­ment à tuer les ookystes d'où la nécessité d'avoir des pigeonniers bien orientés.

Si vos pigeons sont en surnombre par rap­port à la surface de votre local, cela favorisera une prolifération excessive des ookystes dans l'environnement. Il convient donc d'écar­ter une telle situation.

Parce que la contamination de l'eau de boisson et de la nourriture représente un ris­que considérable de propagation, l'hygiène doit être irréprochable.

Les jeunes sujets sont plus particulièrement exposés, que ce soit avant ou après le se­vrage. Des mesures seront prises afin qu'ils n'aient pas le moindre contact avec des adul­tes malades. Un bon test consiste à examiner les oiseaux adultes, c'est‑à‑dire un mois avant de procéder aux accouplements. Si on découvre que ceux‑ci sont porteurs d'un nom­bre important de coccidies, on pourra les trai­ter, réduisant par là‑même le danger encouru par les jeunes.

Le contrôle de la maladie s'effectue d'une part en réduisant le plus possible les ookys­tes dans l'environnement grâce à certains aménagements pratiques, et d'autre part, en stimulant les défenses naturelles des oiseaux contre les maladies, renforçant ainsi leur sys­tème immunitaire.

Il faut bien nourrir les oiseaux pour combat­tre l'affection et certaines vitamines comme les vitamines A, B, C et E aident leur système immunitaire. Certains extraits de plantes peu­vent jouer un rôle similaire et contribuer à contrôler la maladie.

Protéger les pigeons du stress est un autre moyen car les sujets soumis à un choc phy­siologique ont un système immunitaire défi­cient. Une grande densité de pigeons dans un même endroit, les conditions d'exposition, d'entraînement, de concours, d'élevage, de re­production ou l'apparition d'autres maladies, sont autant d'éléments qui favorisent le stress.

Le système immunitaire fonctionne mieux dans un environnement sain, d'où l'importance accordée à des facteurs tels que l'isolation, la ventilation, la lumière, la température, et bien entendu à l'alimentation.

En fin de compte, les oiseaux sont confron­tés à la difficulté de trouver un équilibre déli­cat entre d'un côté, l'immunité, et de l'autre la présence d'ookystes. Fort heureusement, de manière générale, mais non systématique, dans un élevage bien tenu l'immunité l'emporte.

L'élément déterminant dans la surveillance de la maladie repose sur l'examen des déjec­tions pour la recherche des ookystes, ce que l'on appelle "le décompte coccidien". On doit collecter de préférence des échantillons dans des containers stériles et les matières fécales fraîches seront ramassées entre 8H et 16H. De tous petits échantillons provenant de di­vers oiseaux valent mieux que des échan­tillons plus importants mais ne concernant que quelques spécimens. Plus nombreux seront les pigeons impliqués, plus rigoureux et plus précis sera le résultat.

Ce genre d'examen doit être réalisé lors de périodes bien déterminées, à savoir avant les accouplements, avant des concours impor­tants, après le diagnostic et le traitement de graves infections, etc...

 

 

 

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commentaires

nath 15/05/2009 19:18

J'espère que mon pigeonneau n'est pas affecté car les fientes sont parfois transparentes au moment de manger (matin midi). Je suis inquiète de le voir régurgiter l'eau et ne pas ouvrir le bec du tout ou bien d'un millimêtre. J'ai laissé un commentaire dans photodetout. Pas sure qu'il soit bon de le changer de coin. Je respecte l'éclairage du jour en allumant à l'aube et éteingnat à la nuit
Nath
Nath

Jean Marc 24/03/2009 16:41

un article très intéressant, long mais important à lire, merci de tous ces conseils

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