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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 18:08

PICAGE ET CANNIBALISME

 

   Il y a quelques dizaines d'années, si vous discutiez avec votre voisin aviculteur au su­jet du picage des plumes et des descentes d'oviductes, 9 fois sur 10 il vous assurait que le principal embêtement qu'il avait avec son troupeau était provoqué par le prolap­sus (retournement de l'oviducte). Actuelle­ment, il admettrait généralement que c'est le picage.

Un contrôle expérimental, qui s'est éten­du sur une période de huit années, montre que les cas mortels par descente d'oviducte ne s'élèvent qu'à moins de 1 % en moyenne. En considérant ce chiffre, il ap­paraît clairement que si nous pouvions sup­primer le cannibalisme les pertes mortelles de ce genre seraient assez faibles.

 

LES CAUSES

 

Ordinairement, il y a plus d'un facteur qui mène au cannibalisme. Actuellement, on dit que c'est une accumulation de stress.


A) Races des sujets.
‑ Il est bien connu que certaines races ou lignées d'oiseaux sont bien plus enclines au picage que d'au­tres. Et malheureusement nos lignées les plus fortement productives peuvent mani­fester une certaine tendance à la nervosité. Les races lourdes sont ordinairement bien plus dociles que les races légères.


B) Régime alimentaire.
‑ Les régimes alimentaires à très haute énergie, donnés pendant les périodes de démarrage et de croissance, permettent aux oiseaux de sa­tisfaire leurs besoins en nutriments en un très court laps de temps, ce qui les prive d'une certaine occupation. On peut aggra­ver cette situation en donnant des miettes et des granulés plutôt que de la pâtée pen­dant cette période, spécialement si l'on élève les oiseaux en claustration. Et l'on accentue encore plus cet état en donnant un régime mal équilibré (comme par exemple une trop grande quantité des grains).


C) Elevage des jeunes et des adultes

1) Manque d'un espace vital suffisant.

2) Température dans le local d'élevage des jeunes, plus élevée que nécessaire.

3) Trop de lumière vive.

4) Manque d'une aération ou ventilation suffisante.

5) Humidité ambiante incorrecte.

6) Pas suffisamment de mangeoires et d'abreuvoirs.

7) Négligence dans le service des man­geoires et abreuvoirs mal remplis.

8) Trop grand nombre de sujets dans chaque groupe de jeunes.

9) Elevage commun de lignées différen­tes mises ensemble.

10) Elevage commun de sujets d'âges dif­férents mis ensemble.

11) Ne pas s'être débarrassé des oiseaux éliminés par le tri.

12) Ne pas avoir essayé de supprimer les causes de troubles extérieurs (chats et chiens dans les poulaillers, bruits anormaux,etc.).

13) Manque de grit dans l'alimentation.

14) Négligence dans le traitement antipa­rasitaire (vers, poux, gale, etc.).

15) Nombre insuffisant de pondoirs ; ne pas les avoir installés en temps voulu, man­que d'obscurité suffisante pour ces nids­-pondoirs.

16) Ne pas avoir prévu une garniture de pondoirs de bonne qualité ou en quantité   suffisante.

17) Ne pas avoir installé les oiseaux en pou­lailler de ponte au bon moment.

18) Les facteurs ci‑dessus indiqués sont de ceux qui peuvent provoquer le canniba­lisme ou même l'aggraver.

 

LA PRÉVENTION

 

Lorsque vous achetez des poulettes, por­tez votre attention vers leur tendance au prolapsus ou au picage. Vous en appren­drez beaucoup en bavardant avec des éle­veurs qui ont été clients du fournisseur chez qui vous voulez commander. Il y a des lignées qui se comportent mieux que d'au­tres.

Donnez une nourriture bien équilibrée. Dans la plupart des cas, une pâtée de dé­marrage à énergie moyenne est bien préfé­rable. Si le picage vous a déjà causé des embêtements dans le passé, essayez plutôt la pâtée que les granulés ou les miettes.

Pendant la période de croissance, il vous faut un programme d'alimentation que vous maîtrisez correctement. Vous pouvez y arriver de deux façons, en contrôlant le degré énergétique de la ration : soit en donnant du volume à la ration (aliments à forts pour­centages de fibres, c'est‑à‑dire de cellulose), soit en réduisant la quantité (environ 80 %) de la ration de croissance. Ce faisant, vous évitez à vos poulettes de devenir trop gras­ses. En conséquence, lorsque vos pre­miers oiseaux commencent à pondre, ils n'ont pas cette épaisse couche de graisse abdominale et, par là, les difficultés occa­sionnées par les descentes d'oviductes et par le picage sont bien amoindries. Assu­rez‑vous que vos oiseaux aient du grit inso­luble et des coquilles d'huîtres en abon­dance. Si nécessaire, vous pourriez vous aider en donnant des compléments alimentaires, en augmentant le taux de cellulose (avoine supplémentaire, etc.) ou même en ajoutant du sel à l'occa­sion.

Donnez suffisamment d'espace vital à vos oiseaux, tant en poussinière qu'en pou­lailler de ponte. En cela, vous ne pouvez être que seul juge. Dans certaines conditions, la surface communément acceptée comme étant la moyenne normale n'est pas suffisante; dans d'autres cas la moitié de cette surface suffira largement. Car cela dépendra aussi de la façon dont vous serez capable de contrôler l'aération, ou la venti­lation, le degré d'humidité relative et la tem­pérature. Si l'un de ces facteurs dévie de la ligne normale à n'importe quel moment de la vie de vos pensionnaires, les risques de picage augmentent grandement.

L'excès de lumière peut aussi provoquer réellement des troubles. Et ceci est tout spécialement vrai lorsque vos élèves sont tout petits et ensuite lorsqu'ils commencent tout juste à pondre. Dans les zones où se trouvent les pondoirs, il ne doit y avoir au­cune lumière vive et directe.

Mettez en service un nombre très suffi­sant de mangeoires et d'abreuvoirs, et as­surez‑vous qu'ils sont toujours en bon état de fonctionnement. Si toutes vos poules peuvent boire et manger en même temps, c'est que vous avez suffisamment d'espace vital aux mangeoires et abreuvoirs. Si ce n'est pas le cas, c'est que l'espace accordé n'est pas suffisant.

Essayez d'élever des oiseaux de même lignée et de même âge ensemble. Dans les très grandes exploitations, les pou­laillers, peuvent être divisés en plusieurs parquets.

Combattez les maladies et les parasites. Un mauvais cas de coccidiose intestinale ou une infestation de gros vers ronds peut provoquer chez vos poulettes une véritable furie de picage qui se transformera en can­nibalisme. Mettez vos poulettes en pou­lailler de ponte avant qu'elles ne commen­cent à produire.

Installez toujours un nombre suffisant de pondoirs (au moins un pour 5 sujets). Ces pondoirs doivent être posés dans le pou­lailler de ponte au moins 3 ou 4 semaines avant que vos poulettes ne commencent à produire. Assurez‑vous qu'à tout moment vos pondoirs sont garnis de paille ou de tout autre matériau souple et propre, en quantité suffi­sante. Si vous avez des pondoirs avec râteliers couverts qui escamotent les oeufs, ou si vous avez des difficultés à faire pon­dre vos poulettes dans les nids, posez d'abord vos pondoirs sur le sol, dans la li­tière, puis élevez les graduellement dès que tous vos sujets ont pris l'habitude d'y pon­dre. La plupart des cas de picage se décla­rent autour des pondoirs. Car lorsque vos poulettes commencent tout juste à pondre, il y a très souvent un petit filet de sang qui reste sur le bord du cloaque après la ponte de l'oeuf. Et cela est suffisant pour que toutes vos difficultés commencent.

Si l'on peut arriver au premier mois ou aux six premières semaines de ponte sans picage, il y a de très grandes chances pour que tout aille bien par la suite. Certains éleveurs procèdent avec succès, à la pose de lunettes anti‑picage.

Rappelez‑vous que le picage est une ha­bitude. Parfois, il suffit d’éliminer 2 ou 3 poules et éviter ainsi que ce vice se déclare. Ordinairement il est provoqué par un stress. Comme dans beaucoup d'autres situations, il est vrai de dire que dans ce cas " un gramme de prévention vaut mieux qu'un kilo de traitement".



L’OVOPHAGIE

 

La casse et l'absorption des oeufs par les volailles elles‑mêmes est souvent une source d'ennuis et de perte pour l'éleveur, surtout pendant les périodes de raréfaction des oeufs. Si les oiseaux reçoivent une ali­mentation bien équilibrée, il y en aura bien peu qui prendront l'habitude de casser et de manger délibérément les oeufs, mais si un oeuf est cassé, le contenu est promp­tement absorbé par une bonne partie du troupeau.

Il faut donc veiller à procurer aux volailles un nombre suffisant de nids convenables avec la garniture appropriée pour éviter que les oeufs soient pondus sur le sol. Si l'on s'aperçoit que les poules brisent les œufs de façon délibérée, en perçant la coquille avec le bec, il n'y a pas d'autre solution que de découvrir les coupables et de les éliminer du troupeau.

On peut y arriver en plaçant un oeuf dans le parcours et en exerçant une surveillance pour saisir la poule qui attaque l’œuf d’emblée. Beaucoup de poules s'approchent des œufs qui peuvent se trouver au sol sans les attaquer, et même les font seulement rouler avec leur bec, alors que l'ovophage, la mangeuse d'oeufs, ne perd pas une minute avant de les briser  et, naturellement, les autres se joignent à la fête.



 



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