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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 11:24



 
      LE LOGEMENT DES PONDEUSES EN FONCTION DE LA TEMPERATURE

Une bonne conception du poulailler de ponte est primordiale pour obtenir une production maximale. Elle doit correspon­dre à des conditions de température, d'hy­grométrie, de lumière et d'hygiène telles que l'état sanitaire, la production et le ren­dement alimentaire demeurent excellentes, quelles que soient les conditions météorolo­giques et en dépit des modifications que la poule apporte à son milieu par libération de chaleur et excrétion d'eau.

Le problème est complexe, il admet plu­sieurs solutions suivant le climat, la poule, les buts recherchés. Elles constituent tou­tes des compromis plus ou moins heureux, entre les impératifs économiques et les né­cessités techniques dans la mesure où nous pouvons les définir.

QUELLE EST L'ACTION DE LA TEMPERATU RE SUR LA PONTE ?

Nous abordons ici une question fort con­troversée. Les expériences effectuées sur ce sujet sont nombreuses. L'imprécision re­lative auxquelles elles aboutissent provien­nent des difficultés d'expérimentation en ce domaine.

Elles sont de trois ordres :

‑ Pour analyser avec précision l'action de la température sur la production de l'oeuf, mais surtout sur le rendement alimentaire, la majorité des chercheurs effectuent leurs expériences en température constante. Or, dans un poulailler la température varie d'une heure à l'autre, subit des fluctuations quotidiennes avec un minimum vers 5 heu­res et un maximum vers 17 heures. Il est difficile de transposer dans la pratique les résultats obtenus en température cons­tante.

‑ La deuxième difficulté provient de l'inca­pacité dans laquelle nous nous trouvons de mesurer les impressions de la poule par une température déterminée. La tempéra­ture de l'air n'est, en effet, qu'une compo­sante du confort thermique. Intervient éga­lement la vitesse de l'air, l'humidité et la température des parois, c'est‑à‑dire la tem­pérature des murs, du sol et des surfaces vitrées. Dans des conditions normales, la poule ne perd, en effet, au contact de l'air que 40 % de la chaleur qu'elle produit. Les 60 % restants sont perdus à raison de 20 % par évaporation au niveau des poumons et de 40 % par radiation. Ces pertes par ra­diations ne dépendent que de la tempéra­ture des parois, qui a de ce fait, une impor­tance égale à la température de l'air.

‑ La troisième difficulté provient de la liai­son qui existe entre la température et l'hy­grométrie, une chute de température s'ac­compagnant presque toujours d'une aug­mentation de la teneur de l'air en eau et réciproquement.

Enfin, il ne faut pas oublier que la poule possède des moyens de défense propres, plus ou moins efficace selon l'individu, la race ou même l'aménagement du poulailler.

En ambiance froide, la poule réduit tout d'abord ses déperditions de chaleur en hé­rissant les plumes pour emprisonner une plus grande quantité d'air autour de son corps. On conçoit aisément que dans ces conditions un fort courant d'air, en troublant l'arrangement des plumes, affaiblisse sa résistance à une baisse de température et intervienne directement dans la production et le rendement alimentaire.

Elle peut également lutter contre le froid en s'agglutinant à ses voisines, en s'accrou­pissant pour mettre ses pattes à l'abri ou en mettant la tête sous l'aile. Dans ce dernier cas, l'économie des calories peut atteindre 12 % pour les animaux à crête simple.

COMPORTEMENT DE LA POULE AUX FORTES TEMPERATURES

Quoi qu'il en soit, nous avons, pour les périodes de temps chaud, des critères phy­siologiques assez précis pour dire qu'à par­tir de telle température un troupeau de pon­deuses se trouve en conditions défavora­bles.

Ainsi, nous savons qu'une poule non ac­climatée commence à souffrir lorsqu'on la soumet à une température constante de 21 degrés centigrades. Dès cette température on observe, en effet une augmentation de la consommation d'oxygène;

‑ une augmentation de la consommation d'eau, ainsi qu'une augmentation de l'eau évaporée au niveau des poumons, preuves que la poule ne se trouve plus dans des conditions optimum et commence à lutter pour maintenir sa température interne au niveau habituel ;

‑ enfin, fait plus important, l'épaisseur de la coquille commence à diminuer, amenant une baisse sensible de la qualité de l'oeuf.

Lorsque la température se maintient de 26 à 27 degrés centigrades, les signes de­viennent beaucoup plus alarmants.

La température centrale s'élève légère­ment, démontrant que la poule arrive à la limite de ses possibilités de régulation et exporte ses calories avec difficulté.

A ces températures :

‑ le rythme de la respiration s'accélère ‑ la production de l'oeuf décroit  ;

‑ la taille de l'oeuf diminue ;

‑ les coquilles deviennent faibles ;

‑ la qualité de l'albumen se dégrade soit une baisse de rendement et de la quali­té de production.

En fait, il faut garder en mémoire que ces résultats sont obtenus avec des poules non acclimatées et en température constante.

Dans les conditions normales d'élevage, la température maximum peut s'élever au­dessus de ces chiffres sans porter préju­dice au troupeau. Les fluctuations quoti­diennes de température permettent à l'ani­mal de récupérer, et les fortes chaleurs de l'après‑midi sont d'autant moins préjudicia­bles que la température de la nuit est plus basse. La fraîcheur nocturne permet aussi à la poule de s'adapter.

Des expériences ont montré qu'en vingt et un jours une poule peut s'adapter et sup­porter durant quatre heures une tempéra­ture de 37 degrés centigrades sans aug­mentation sensible de la température cen­trale alors que le même traitement provo­que le premier jour une augmentation de 2 degrés centigrades de cette même tempé­rature centrale.

L'adaptation de la poule aux fortes tem­pératures réside en fait dans son aptitude à absorber de grandes quantités d'eau. La poule ne possède pas de glandes sudoripa­res et une grande partie de sa régulation thermique se fait au niveau des poumons par évaporation d'eau.

Chez une poule d'un an, cette évapora­tion est constante jusqu'à 21 degrés centi­grades et est de l'ordre de 2 g par heure et par kilo de poids vif soit 96 g par vingt ­quatre heures pour une poule de 2 kg. Nous avons vu que cette évaporation aug­mentait au‑delà de 21 degrés centigrades. Elle peut atteindre 3 g par heure et par kilo de poids vif à 32 degrés centigrades soit une évaporation totale de près de 144 g. d'eau par vingt‑quatre heures.

Dans le premier cas, l'évaporation d'eau au niveau des poumons représente environ vingt pour cent des pertes caloriques tota­les ; dans le deuxième cas, cette valeur ap­proche trente pour cent et peut même at­teindre soixante pour cent aux environs de 35 degrés centigrades. C'est dire le soin qu'il faut apporter à l’abreuvement des ani­maux par forte température, la quantité d'eau consommée pouvant passer de 30 à50 litres pour cent poules lorsque la tempé­rature s'élève de 21 à 38 degrés centigrades. Il est également important de fournir de l'eau fraîche.

QUELS SONT LES MOYENS D'ACTION CONTRE LES FORTES CHALEURS ?

Nous pouvons agir sur deux points

‑ En premier lieu, sur la‑ température de l'air ambiant.

‑ En second lieu, sur la température des parois.

Notre action sur la température de l'air est très limitée. Dans les meilleures condi­tions, il est possible d'obtenir dans le pou­lailler une température égale à celle de l'air se trouvant hors du poulailler. En ventila­tion dynamique, il est nécessaire pour obte­nir ce résultat d'effectuer le brassage de très gros volumes d'air qui seront de préfé­rence prélevés au nord du bâtiment, à l'en­droit où la température est la plus basse.

En ventilation statique, la meilleure venti­lation d'été est obtenue en ouvrant entièrement sur toute leur longueur deux côtés opposés du poulailler de manière à provo­quer un courant d'air au niveau du sol.

En effet, à cette saison, la ventilation par lanterneau est inefficace et tous les bâti­ments sans ventilation dynamique de­vraient, par construction, comporter des panneaux mobiles, ouvrant largement vers l'extérieur au moment des fortes chaleurs.

Nous sommes relativement mieux armés pour éviter un échauffement des parois.

En ce qui concerne le toit, une bonne so­lution consiste à ménager une ventilation entre les matériaux constituant la couche extérieure et l'isolation. L'échauffement de ces matériaux crée un appel d'air et il s'éta­blit, sous toiture, une ventilation qui retarde l'échauffement de la couche isolante.

Si ce système n'a pas été prévu lors de la construction, il est également possible d'ar­roser la toiture, à condition de disposer d'eau en quantité suffisante. N'importe quel moyen classique d'arrosage convient à cette opération. L'abaissement de tempé­rature ainsi obtenu dans le poulailler peut atteindre 10 degrés centigrades.

Quant aux murs ensoleillés, ils seront protégés à l'aide d'auvents ou de déborde­ments du toit.

Ceux‑ci seront calculés de manière à pro­jeter au minimum une ombre sur les ouver­tures et au mieux sur toute la surface du mur, aux heures où la radiation solaire est maximum.

De façon plus générale, les parois et le toit peuvent être recouverts d'aluminium, matériau qui réfléchit en grande partie la chaleur rayonnée.

Il ne faut pas oublier que l'orientation joue un grand rôle dans le bien‑être des poules par forte chaleur. Les bâtiments pourvus d'un toit à simple pente, auront leur façade exposée au Sud‑Est. Les bâtiments ayant un toit à double pente, sous réserve des vents dominants, auront leur grand axe orienté Est‑Ouest.

Enfin, il est nécessaire de ménager un espace suffisant entre deux bâtiments voi­sins afin d'éviter la réflexion des rayons so­laires de l'un sur l'autre. Dans tous les cas, un engazonnement autour des poulaillers, en évitant la réflexion des rayons solaires sur le sol, apportera aux poules une amélio­ration sensible de leur confort.

 COMPORTEMENT DE LA POULE AUX BASSES TEMPERATURES

Dans le domaine des basses températu­res, nous sommes moins bien renseignés par manque de critères physiologiques précis. Nous savons de façon certaine, que les crêtes simples et les barbillons peuvent geler à moins 12 degrés centigrades entraînant une diminution de la ponte et de la fertilité : le problème est beaucoup plus complexe lorsqu'il faut déterminer la tempé­rature à partir de laquelle on constate une diminution de la production de l'oeuf ou du rendement alimentaire.





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