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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 16:09



 

 

 PEUT-ON DONNER DES LEGUMES AUX LAPINS ?

 

Les cuniculteurs débutants demandent fréquemment pour quelles raisons la plupart des personnes compétentes déconseillent l'utilisation de légumes dans l'alimentation des lapins. Un éleveur nous a déclaré, de manière humoristique, qu'un lapin serait noyé dans l'eau contenue dans un chou ou n'importe quel autre légume, avant d'en avoir extrait des nutriments en quantité suf­fisante.


En revanche, les petits éleveurs pourront faire des économies en utilisant des légu­mes et les adeptes de l'élevage naturel ob­tiendront une viande correspondant aux qualités qu'ils recherchent.


Les lapins ont besoin de protéines ainsi que d'autres éléments surtout présents dans les grains. Les légumes seront donc un supplément. Il est à noter que les lapins de l'éleveur dont nous avons parlé reçoi­vent presque autant de granulés pour la­pins que ceux des éleveurs professionnels, dont ils sont l'unique nourriture. Il est né­cessaire pour que les lapins ne négligent pas les aliments composés ou le grain, de ne pas distribuer des légumes aux sujets qui ne sont pas rassasiés. Les légumes sont une friandise.


Le problème est donc de savoir s’il faut donner des légumes aux lapins. Ce n'est évidemment pas néces­saire, de nombreux élevages utilisant efficacement une alimentation composée uni­quement de granulés.


Un autre éleveur accuse les légumes. Il prétend que sa seule et unique expérience en cuniculture s'est soldée par un échec. Quand il a distribué une poignée de choux à ses lapins, il sont tous morts.


Mais un éleveur voisin avait un point de vue différent : « en Allemagne, quand je fai­sais l'élevage des lapins, dit‑il, on n'avait jamais entendu parler d'aliment pour lapins ; on leur donnait du grain et de l'herbe ».


Après mûre réflexion, a déclaré notre éle­veur, j'ai abouti à la conclusion que, si les raisons pour lesquelles j'élève des lapins et que je cultive des légumes sont les mêmes, il est également nécessaire d'appliquer la même logique. Je cultive mon jardin afin de produire des légumes aussi sains et nourrissants que possible. C'est‑à‑dire qu'ils se développent dans une terre à pH presque neutre, riche en minéraux, en humus, légère et bien aé­rée, possédant en quantité suffisante des nutriments indispensables à la croissance des plantes.


Mais ceci n'est pas tout. J'ai fourni de grands efforts pour assurer à la terre une bonne composition en micro‑nutriments et en oligo‑éléments. Des plantes absorbant de nombreuses substances inutiles à leur développement mais nécessaires au con­sommateur ‑ par exemple l'iode. Ainsi j'in­troduis dans la terre les substances dont je voudrais que les plantes me nourrissent.


De la même manière, ce que je donnerai à manger à mes lapins deviendra la viande qu'ils me fournissent. Pour leur bien, et donc pour le mien, les lapins doivent man­ger les produits de mon jardin.
   Bien en­tendu, une amélioration de la qualité est dif­ficile, voire impossible à prouver. Les avan­tages de la nourriture produite naturelle­ment n'ont pas été établis de manière scientifique.


Les nutritionnistes font chaque jour de nouvelles découvertes ; nous sommes en effet loin de comprendre parfaitement les besoins des êtres humains ou des animaux.

Une question se pose. Pour­quoi ne pas renoncer entièrement aux gra­nulés et ne donner que des légumes de mon jardin qui sont si riches en substances utiles aux lapins et aux consommateurs ?


Parce que la salade ne contient presque pas de protéines et que les protéines sont indispensables à la croissance. En effet, les protéines constituent le nutriment de base de la croissance et de l'entretien du corps. Le Conseil national pour la recher­che des Etats‑Unis établit les besoins en protéines à 12% pour l'entretien des mâles adultes et à 17% pour les lapines allaitan­tes et les jeunes lapereaux. Ces pourcenta­ges s'appliquent, bien sûr, à la nourriture sèche.


La portée d’une lapine dépend entièrement du lait de la mère jusqu'à l'âge de deux semaines et demie à trois semaines. Ce lait contient 33% de protéines (pourcentage effectué sur du lait desséché). C'est à l'âge de deux semaines et demie ou trois semaines que les lapereaux commencent à ingurgiter d'autres éléments, et lors du sevrage ils ont besoin d'une ration contenant 17% de pro­téines. Peu à peu leurs besoins diminuent pour aboutir à 12% à l'âge adulte.


Admettons que vous soyez aussi têtu et difficile à convaincre. Com­bien de choux (mes lapins aiment le chou plus que tout au monde) faudrait‑il pour sa­tisfaire les besoins d'une lapine et d'une portée de quatre semaines ? Vous noterez qu’on laisse ici de côté la question des acides aminés, des enzymes et des protéines.


Prenons le cas d’une lapine et sa portée qui ont besoin de 77 grammes de protéines par jour, alors que le chou que vous cueillez en contient environ 2% ; 3,750 kg de choux devraient suffire, quantité qui devra augmenter à mesure que mes lapereaux grandiront. Avant le  se­vrage, vous aurez 11,325 kg de choux par jour à donner à la petite famille afin de leur fournir les 226 g. de protéines dont ils auront besoin.


Si la laitue vous tente, multipliez par deux! La laitue contient 1% de protéines, il en faudrait donc 7,700 kilos par jour à qua­tre semaines et 22,650 kg à huit semaines.
  Et en ce qui concerne les autres légu­mes ? Pour ceux qui sont de la famille des choux comptez de 1 à 3% de protéines, les betteraves 2%, les ca­rottes 1%, les concombres 1%, la pomme de terre 3%.


Les légumes frais sont très riches en  eau qui présente 90% du poids d'un chou. Il serait très intéressant de pouvoir enlever toute cette eau... mais avez‑vous déjà essayé de faire sécher un chou ? Il y a donc 90% d'eau dans un chou. 90% de 11,325 kg, cela donne 10,192 kg. Un kilo d'eau équivalant à un litre, cela donne 10,192 litres d'eau ingurgitée chaque jour par ces pauvres lapins. On n’a jamais vu une lapine et sa portée boire plus de 2,85 libres en une seule journée.


Il ne faut pas pour autant abandonner les légumes. Les lapines acceptent ce que l'homme n'utilise pas : les tiges de maïs, cosses de petits pois, plantes de haricots. Ces produits du jardin fournissent de nom­breux éléments essentiels nécessaires aux lapins en moins grandes quantités que les protéines.


Evidemment, cette manière de nourrir les lapins comporte des risques. Il est possible de se tromper radicalement et d'exterminer le cheptel. Voici les précautions à prendre contre cette éventualité.

1. La première fois que l’on distribue des légumes à un lapin, ne le faire qu'en très petite quantité ; ensuite la ration est pro­gressivement augmentée. S'il survient un arrêt d'un ou deux jours,  réhabituer le la­pin par une distribution réduite.

2. Une fois par jour,  donner aux lapines allaitantes tout ce qu'elles pourront ingurgi­ter en dix ou quinze minutes. Tous les au­tres reçoivent des légumes deux fois par jour, on peut dans ce cas faire moins attention à la quantité ; cependant les restes doivent être enlevés à chaque nouvelle distribution.

3. Dès leur sortie du nid, les lapereaux ont droit aux légumes. Les premiers deux ou trois jours, bien qu'ils grignotent avec enthousiasme, ils ont à peine le temps de s'emparer d'une feuille avant que maman la confisque et la dévore. La première se­maine,  veiller à ce que les lapereaux ne se gavent pas de légumes.

4. Lorsqu’on désire utiliser une nouvelle plante,  la tester en la distribuant en petite quantité à un seul lapin. Si son état reste satisfaisant, tout le monde en reçoit le len­demain.

5. Essayer de varier le menu. Si on en a la possibilité, cueillir des plantes sauvages contenant des oligo‑élé­ments peu présents dans les légumes.

6. Ici un peu de bon sens est nécessaire. Les lapins, comme les gens, sont des indi­vidus particuliers. Ce qui réussit chez certains peut très bien ne pas convenir à d’autres.


 

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Cat 25/08/2009 10:45

Personnellement, je pense que dans un élevage non industriel, l'utilisation de légumes s'impose, évidemment en complémentant pour les femelles allaitantes.
Le problème se pose de plus en plus dans toutes les espèces. On entend dire qu'on ne peut pas nourir un chien sans croquettes, un cheval sans granulés etc.
On se demande comment ces espèces ont fait depuis des siècles.
Ou alors est-ce que cela rapporte plus ?
Mais je suis sûrement mauvaise langue...
Bonne journée à tous.

Hugues 26/08/2009 22:11


Bonsoir Cat. Je comprends ce que vous voulez dire, mais il faut bien tenir compte du fait que l'alimentation des animaux ne s'improvise pas. Les aliments modernes sont généralement très bien
étudiés et rendent de grands services. Cela n'empêche évidemment pas que l'on utilise pour les animaux de consommation, une nourriture complémentaire plus simple, lorsque cela est possible. A
bientôt.


Jean Marc 20/08/2009 19:57

un petit tour sur les blogs pour me reposer un peu de mes dures journées, bonne soirée.

sonja 18/08/2009 05:01

Bonjour
Finalement on ne sait pas plus s'il faut ou ne faut pas donner que des légumes. Les deux points de vue se défendent. C'est un peu compliqué pour moi qui n'ai pas d'animaux...
Bonne journée

Hugues 19/08/2009 17:30


Bonjour Sonja.
Ce qui convient encore le mieux, quand on dispose de suffisamment de légumes du jardin, c'est d'en donner aux lapins de façàon raisonnable, la base de la ration alimentaire étant constituée par des
céréales et du foin. Bonne fin de journée. 


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