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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 14:38



Canari rouge schimmel.  (photo Canaris couleur et posture, Belgique)

L’ABUS DE COLORANTS EST-IL DANGEREUX ?


L'emploi de produits pour colorer les oiseaux orange et rouges, et tout spéciale­ment les canaris dits "lipochromes", est aussi vieux que l'apparition de ces nouvelles va­riétés.

Cependant, l'origine de ces pigments ap­portés aux oiseaux a beaucoup évolué et des produits qui avaient une teneur assez faible en pigments, on est arrivé depuis quel­ques dizaines d'années à utiliser des pig­ments purifiés ; ce qui est apparu au début comme un avantage n'est il pas sans dan­ger en cas d'emploi de quantités excessi­ves ? C'est une question qui se pose et que se posent de nombreux éleveurs devant jus­tement l'utilisation de doses de plus en plus élevées qui résultent soit du désir d'obtenir une coloration plus intense, soit d'une mé­connaissance des doses et de leur mesure, soit des deux à la fois ; nous allons essayer d'y répondre.

 

LA NATURE DE LA COLORATION ROUGE ORANGE

Cette coloration est due à des pigments caroténoïdiques c'est à dire à des dérivés du carotène ou à des produits de structure chimique comparable : le carotène (plus exactement le béta‑carotène) est la provi­tamine A. Tous ces pigments encore regrou­pés sous le nom de xantophylles sont donc solubles dans les graisses, ils sont "liposolubles" d'où le terme de lipochromes qui désigne les oiseaux capables de les fixer dans leurs plumes.

Cette capacité existe chez un certain nom­bre d'espèces d'oiseaux et les plus connues sont les flamants rose et rouge, l'Ignicolor et le Tarin du Vénézuela qui par croisements a permis d'obtenir nos canaris lipochromes.

Dès que ces canaris se sont répandus, l'intensité de leur coloration a évidemment été recherchée. Or cette intensité dépend de deux facteurs : un facteur propre à l'oiseau, d'origine génétique, qui est sa ca­pacité à fixer une certaine quantité de pig­ment dans ses plumes, et un facteur alimen­taire qui est la quantité de pigment conte­nue dans son alimentation. En effet, con­trairement à d'autres couleurs pigmentaires dues à des substances que l'oiseau est ca­pable de produire lui‑même dans son orga­nisme, les pigments caroténoïdiques doivent lui être apportés dans son alimentation, exac­tement comme les vitamines ou certains aci­des aminés.

L'oiseau sauvage trouve ces pigments dans son alimentation naturelle et spécifi­que de chaque espèce :

Le flamant dans de petits crustacés aqua­tiques ;

Le Tarin du Vénézuela dans des végétaux et des insectes.

Le canari rouge, oiseau captif, est tribu­taire de l'alimentation qui lui est fournie. Na­turellement, elle est pauvre en pigments rouges ou orangés que l'on trouve dans les maïs jaune et rouge, dans la verdure où leur présence est masquée par le vert de la chlo­rophylle, plus abondante. Bien entendu, ces pigments existent dans de nombreux pro­duits animaux et végétaux que l'on ne peut cependant pas considérer comme des ali­ments normaux : la carotte, les pétales de nombreuses fleurs orange ou rouge orangé (oeillet d'Inde, souci, etc ... ), mais pas tou­tes, dans certains fruits et baies mais une majorité de fruits comme le raisin, le cas­sis, les mûres, les cerises sont colorés par des anthocyanes qui n'ont rien à voir avec les xanthophylles.

Les animaux riches en pigments caro­ténoïdiques sont des insectes et des crus­tacés et chez ces derniers la couleur peut  très bien ne pas être visible par suite d'une liaison avec des protéines et n'apparaître qu'à la cuisson qui coagule la protéine. Cela ne les empêche pas d'être tout à fait vala­bles pour l'oiseau, même crus !

C'est évidemment vers ces aliments « anor­maux » que se sont tournés les amateurs, en raison de leur richesse en pigments et la carotte a longtemps été la source naturelle la plus utilisée. Dans les produits proposés par le commerce, le seul a longtemps été une spécialité étrangère qui était une solu­tion huileuse de matières colorantes prove­nant de résidus de l'huile de palme.

Les inconvénients de ces produits sont vite apparus : de grosses quantités de carotte avaient de fâcheux effets digestifs pour un résultat colorant assez piètre quant au pro­duit huileux du commerce, les matières gras­ses qu'il contenait, souvent rances, causaient des accidents d'oedème et de rougeur des pattes dès que l'on forçait les doses.

 

LES PIGMENTS PURS

L’apparition sur le marché de pigments purs, à la fois concentrés et exempts de graisses, a donc apporté la solution idéale et, après diverses controverses, leur utili­sation s'est généralisée avec d'excellents résultats. Les controverses venaient du fait que ces colorants étaient synthétiques et elles étaient alimentées par des gens de bonne foi mais mal informés techniquement. Bien que synthétiques, ces pigments étaient rigoureusement identiques aux produits naturels.

Il y avait le carotène identique à celui de la carotte et de divers végétaux et ses dérivés oxygénés : apo carotène ester et apocaroténal de même couleur orange, mais plus assimilables, et la canthaxanthine d'un rouge vif qui a rencontré la faveur des ama­teurs en raison de son pouvoir colorant.

Les quantités nécessaires pour un oiseau sont très faibles et, même avec une marge de sécurité, la dose se compte en dixièmes de milligramme.

Avec des produits végétaux naturels, cela représente souvent des quantités importantes, à la limite de ce que l'on peut faire in­gurgiter à un oiseau. Au contraire avec les produits purs un énorme dépassement des doses est facile à réaliser.

Dès lors, deux questions se posent

1) Ce dépassement est‑il utile ?

2) Ce dépassement est‑il dangereux ?

A la première question, la réponse est ca­tégoriquement "non". En effet, un oiseau peut fixer une certaine quantité de pigment et c'est un caractère héréditaire. Si on lui fournit cette quantité il atteint la coloration maximale dont il est capable. Tout ce qu'on lui donne en plus est perdu, soit éliminé, soit fixé dans les graisses ou retenu dans divers organes. Malgré ce fait connu et répété, on voit de nombreux éleveurs utiliser des do­ses mal déterminées, mais très excessives et qui sont de 10 à 50 fois supérieures à ce qui est nécessaire. Leur espoir, en dépit de tout ce qu'on peut leur dire, est que leurs oiseaux y gagneront en coloration ; en fait l'oiseau n'y gagne rien en couleur, il peut y perdre beaucoup en santé et l'éleveur y perd beaucoup en dépense, car ces produits sont coûteux.

A la deuxième question, la réponse est un "oui", très probablement. A plusieurs reprises des amateurs qui utilisaient de tel­les doses ont perdu des sujets sans cause apparente. Ces sujets présentaient une in­tense coloration rouge orangé foncé de tous les organes internes, des muscles et bien entendu de la graisse, mais aucun germe ni parasite n'a pu être mis en évidence. Par ailleurs, ces mêmes pigments ont été utili­sés chez l'homme (ou plutôt chez la femme) pour pigmenter la peau et obtenir un simili bronzage qui, compte tenu de la teinte ob­tenue, était plutôt un "abricotage". Dans cette application aussi, les excès sont courants et, bien que par rapport au poids corporel, les doses aient toujours été très inférieures à celles données aux oiseaux par les éle­veurs trop zélés, bon nombre d'utilisatrices trop enthousiastes ont souffert de troubles digestifs mis sur le compte d'une mauvaise tolérance de "leur foie".





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