Documentation pratique permettant d'élever de façon rationnelle : volailles, pigeons, lapins, oiseaux de parc, de cage et de volière.

IL FAUT LUTTER CONTRE LES VERS INTESTINAUX
Plus que tout autre animal domestique, la volaille est attaquée par les vers intestinaux qui peuvent lui causer de gros dommages, surtout s'ils s'attaquent en grand nombre aux jeunes volailles affaiblies par la ponte ou la mue, pouvant alors amener des maladies graves, et même la mort. Presque aucune volaille n'est exempte de vers ; cela tient à la forme de l'élevage et à l'entretien du cheptel. Des poulaillers exigus et sans hygiène, des parquets trop restreints dont le terrain est infesté de vers, insectes, escargots, vers de terre qui sont les vecteurs de nombreux parasites, offrent aux animaux toutes les occasions d’absorber les oeufs de vers, qui se multiplient d'autant plus vite dans l'organisme que l'alimentation est plus monotone et peu appropriée.
Les déchets particulièrement riches en eau (pommes de terre, pain trempé) et les aliments pauvres en vitamines, favorisent beaucoup l'attaque en masse de nombreux parasites. Les jeunes volailles souffrent davantage de l'attaque des vers que les volailles plus âgées qui, elles, possèdent une plus grande résistance aux infestations, appelée la " résistance de l'âge ".
Lorsque se manifeste une infestation par les vers, au début les volailles sont tristes, sans énergie ; elles tremblent comme si elles avaient la fièvre, boivent beaucoup et baillent souvent. Bientôt se manifdestent diarrhées, anémie et amaigrissement, malgré un fort bon appétit. Les jeunes volailles sont retardées dans leur développement. Les vieilles poules, elles, pondent des oeufs sans coquille, puis elles cessent même de pondre. On observe souvent des crampes épileptiques, des faiblesses des jointures et des manifestations de paralysie. Puis interviennent les parasites de la peau, une forte inflammation des intestins, l'hydropisie, sont des manifestations qui précèdent la mort.
Parmi les principaux parasites internes des volailles, on compte les ascaris qui sont ronds et jaunâtres et longs de 5 à 7 centimètres. Bien que leur multiplication soit énorme ils comptent parmi les parasites les moins dangereux. Cependant, les poules qui en hébergent en quantités, même si elles sont bien nourries, sont fort diminuées dans leur vitalité et leur production.
Les vers capillaires (capillaria) sont très redoutés en aviculture ; fins comme des cheveux, en forme de fibre à peine visibles, longs de 2 à 3 centimètres, ils s'incrustent dans la muqueuse de l'intestin et y causent de graves inflammations, surtout de l'intestin grèle. On en trouve aussi dans le jabot.
Les ténias des poules, qui peuvent causer de sérieuses pertes, sont très répandus. Leur multiplication est causée par des vecteurs que sont pour les volailles, les escargots, les vers de terre et les insectes. Le danger des ténias est surtout dû aux terrains humides et boueux. Aussi les éleveurs prévoyants entretiennent‑ils quelques canards sur les terrains de ce genre, car les canards sont résistants et très rustiques. Les oeufs des autres parasites, qui trouvent leurs meilleures conditions de vie dans les terrains humides, boueux, et marécageux, sont rapidement tués par le soleil.
Toute lutte contre les vers doit donc commencer par un entretien régulier et soigneux des parcours. Labourage des herbages boueux, épandage de chaux ou de sulfate de cuivre, fermeture des écoulements d'eau de pluie, couverture des ruisseaux ou canaux de drainage. L'établissement de parquets interchangeables est à recommander, surtout s'ils sont très peuplés et lorsqu’il s’agit de l'élevage de jeunes volailles en parquets restreints.
De nombreux éleveurs préfèrent plutôt employer des produits souvent fort chers, sans se donner la peine de pratiquer un nettoyage complet des poulaillers et des parquets. Mais que l'on n'oublie pas qu'une cure réussie des vers n'est possible qu'avec des remèdes puissants, qui peuvent stresser le sujet lui‑même. Mais ces remèdes n'ont qu'un effet passager lorsque le terrain est infesté.
Comme il est souvent difficile à l'aviculteur de déceler une attaque de vers chez ses volailles, il devra solliciter les conseils d'un spécialiste ou faire analyser au laboratoire vétérinaire, une volaille morte ou des excréments.